Pourquoi l'union à gauche de la gauche a du plomb dans l'aile

POLITIQUE Le point sur ce qui freinent NPA, PCF et Parti de gauche dans leurs désirs d'unité...

Julien Ménielle

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La gauche de la gauche en profite aussi pour se rapprocher. Fait rare, le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, le Parti communiste et le parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ont signé une déclaration commune de soutien à la mobilisation de jeudi.
La gauche de la gauche en profite aussi pour se rapprocher. Fait rare, le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, le Parti communiste et le parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ont signé une déclaration commune de soutien à la mobilisation de jeudi. — Eric Cabanis AFP/Archives

Il y a une place à prendre à gauche. Face aux errements du PS, la gauche de la gauche tente de monter des listes unitaires en vue des régionales. Mais si le Front de gauche (formé par le PCF et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon) et le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste d’Olivier Besancenot) peuvent se targuer de scores honorables aux européennes, l'unité n'est pas aux rendez-vous. Dans le rôle du trouble-fête, le parti socialiste, pomme de discorde entre le PCF et le NPA. Tour d'horizon.

Le NPA ne veut pas entendre parler du PS
Pour le parti d'Olivier Besancenot, invité par le Parti de gauche à se joindre à ses efforts, les choses sont claires: rassembler la gauche oui, mais sans les socialistes. Hors de question, donc, d'envisager des alliances avec le PS au premier tour des régionales. Le NPA n'ignore rien de la tentation du PCF de conserver ses alliances régionales, mais veut croire que tout n'est pas perdu. «Tant que rien n'est acté, il reste un espoir», assure Pierre-François Grond, membre du comité exécutif du NPA, contacté par 20minutes.fr. Avant de conclure que «la balle est dans le camp du PCF».

Le PCF entend rassembler toutes les forces de gauche
Pour Marie-George Buffet, du PCF, le NPA pose «tellement de conditions» qu'il finit par «décourager toute approche constructive». Le PCF a d'ailleurs déjà prévu des ateliers de la gauche, auxquels il a convié ses amis socialistes. «Nous sommes dans l'esprit de nous rassembler dès le premier tour avec toutes les forces de la gauche, sur la base de ces ateliers», a confirmé à 20minutes.fr une porte-patole du parti communiste. Consciente de l'impasse, elle assure que «le rassemblement des forces de gauches n'est pas voué à l'échec», mais se montre «moins confiante» quant à la participation du NPA.

Le Parti de gauche en arbitre
Jean-Luc Mélenchon et les siens ont les fesses entre deux chaises. Si le NPA assure que le transfuge du PS a exclu les alliances avec ses anciens amis au premier tour des régionales, celui-ci ne compte pas pour autant tourner le dos aux communistes. Ces derniers rappellent d'ailleurs que le Front de gauche, c'est eux. Mélenchon a tenté en vain de les convaincre, lors de la fête de l'Huma, de changer de tactiques à échouer. Il lui faudra bien finir par se positionner clairement.