Un hôpital en «état de siège» pour la visite de Nicolas Sarkozy

POLEMIQUE Des syndicats dénoncent 200.000 euros de dépenses...

Avec agence

— 

L'hôpital Paul Brousse, à Villejuif.
L'hôpital Paul Brousse, à Villejuif. — LORENVU / SIPA

Vendredi, Nicolas Sarkozy pourrait se rendre à l’hôpital Paul-Brousse, à Villejuif (Val-de-Marne) pour célébrer la 2.500ème greffe de foie de l’établissement. Si l’Elysée n’a pas encore confirmé le déplacement, le syndicat Sud-santé s’insurge déjà contre les préparatifs dans l’hôpital, dénonçant un «état de siège».

Dans un communiqué, le deuxième syndicat à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), évoque également le coût de cette célébration, correspondant selon lui à 200.000 euros, soit «au bas mot à l'équivalent de huit infirmières sur un an».

Avec la CGT, syndicat majoritaire, Sud appelle à un rassemblement vendredi à 11h00 devant le restaurant du personnel, pour protester notamment contre le «démantèlement du régime de protection sociale» et la restriction des budgets des hôpitaux. «On nous a prévenus que les policiers ne toléreraient ni sono, ni mégaphone», a précisé un responsable Sud, André Compain. Un autre rassemblement est prévu à 12h00 devant la mairie de Villejuif à l'appel des syndicats CGT, Sud et FO.

«Ne pas perturber la visite du président»

Pour sa part, le président de l'AP-HP, Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris, a écrit aux syndicats que «l’expression légitime des revendications ne doit pas perturber la visite du président de la République», notamment parce que «sa présence est une reconnaissance de l’excellence du travail quotidien» à l'hôpital.

Le député socialiste ajoute «comprendre l'émotion du personnel qui vit avec beaucoup de difficultés la dégradation de ses conditions de travail», et être «profondément préoccupé depuis des mois» par les moyens alloués à l'AP-HP.

Selon Sud, la quasi-totalité des consultations au centre hépato-biliaire, premier centre de transplantation hépatique de France, ont été annulées pour la visite, les personnels priés de prendre des congés et ceux qui viendront travailler seront soumis à de multiples contrôles d'identité.