L'UMP au garde-à-vous pour défendre Brice Hortefeux sauf... Rama Yade

POLEMIQUE La secrétaire d'Etat aux Sports n'a pas applaudi Xavier Bertrand lorsque celui-ci a déclaré son soutien au ministre de l'Intérieur...

A. A. et A. S.

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Rama Yade, secrétaire d'Etat aux sports, a lancé sa campagne comme tête de liste UMP aux régionales de mars 2010 en Ile-de-France le 13 septembre 2009
Rama Yade, secrétaire d'Etat aux sports, a lancé sa campagne comme tête de liste UMP aux régionales de mars 2010 en Ile-de-France le 13 septembre 2009 — WITT/SIPA

La sauce n’en finit plus de monter autour des propos ambigus de Brice Hortefeux tenus au campus de l'UMP à Seignosse (Landes).

Samedi, deux proches de Nicolas Sarkozy se sont passé le relais pour défendre le ministre de l’Intérieur. Notamment Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et Henri Guaino, conseiller spécial du chef de l’Etat.

Dimanche, c’était au tour d’autres ministres du gouvernement de voler au secours de Brice Hortefeux. Ainsi, Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, a fait un aparté lors du raout organisé sous les voûtes de la Halle Freyssinet, à Paris, pour lancer la bataille de l'Ile-de-France pour les régionales. «Nous apportons notre soutien à Brice Hortefeux», a-t-il martelé au cours d’un discours. Un discours applaudi par l’assistance, notamment par Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, l'ex-ministre Roger Karoutchi et par Jean-François Copé, chef du groupe UMP à l'Assemblée nationale et présent aux côtés de Brice Hortefeux sur la vidéo décriée. Seule Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Sports, également présente en tant que tête de liste UMP aux élections régionales de 2010, n’a pas applaudi, restant bras croisés. Une façon plutôt nette de montrer sa différence par rapport à son camp.

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Dimanche toujours, Eric Besson, le ministre de l'Immigration, a aussi tenté de restaurer l’image de son prédécesseur alors qu’il était interrogé sur Europe 1: «La question politique qui a été posée ces derniers jours, c'est Brice Hortefeux est-il suspect de racisme ou pas? Tous ceux qui le connaissent bien et tous ceux qui (...) ont pu avoir des conversations privées, très appronfondies avec lui, et j'en suis, savent que ce n'est pas le cas». Et d’insister: «Je crois que c'est quelqu'un qui est humaniste (...), qui est pétri dans son histoire personnelle de catholicisme social, qui n'a rien de raciste et je crois que le procès qui lui est fait est à la fois excessif, injuste et pour tout dire très déplacé».

Une mine d'or pour l'opposition

L’opposition, elle, s’en donne à coeur joie pour dénoncer les paroles de Brice Hortefeux. Ici, jugeant scandaleux la tenue de ces propos ; là, en demandant la démission du ministre. L'ancien premier secrétaire du PS, François Hollande, lui a conseillé dimanche de faire amende honorable: «On voit bien qu'il n'y avait pas d'ambiguité quant à la phrase et à sa signification», a-t-il estimé. «Si on veut qu'une polémique ne grossisse pas, il faut prendre sur soi -ce qui n'est jamais facile- prendre une part d'excuses et demander pardon».

Pas de vague pour le MoDem

Interrogé sur iTélé, François Bayrou n’a pas voulu enfoncer le clou. «Il arrive assez souvent, dans ces métiers exposés, que l'on dise des bêtises (...) Cela peut arriver de déraper. Mais, quand on a dit des bêtises au moins ne faut-il pas les défendre». A la question: «M. Hortefeux doit-il démissionner?», le président de MoDem a répondu: «Je n'entre pas dans ce débat».



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