Le Conseil national du PS déserté par les éléphants

POLITIQUE De nombreux leaders du parti, dont Ségolène Royal, n'ont pas fait le déplacement...

Charlotte Mannevy

— 

 Martine Aubry lors du Conseil national du Parti socialiste le 12 septembre 2009.
 Martine Aubry lors du Conseil national du Parti socialiste le 12 septembre 2009. — BORIS HORVAT / AFP

La confrontation n’a pas eu lieu. Trois jours après la parution d’un livre dénonçant le bourrage des urnes lors du congrès de Reims qui a porté Martine Aubry à la tête du Parti socialiste, le Conseil national du PS de ce samedi s’est tenu sans Ségolène Royal. La présidente de Poitou-Charentes était retenue par une «réunion prévue de longue date dans sa région», selon son service de presse. François Hollande, Laurent Fabius et Bertrand Delanoë étaient également absents. «Un problème d’agenda», explique Martine Aubry, la réunion ayant été décidé il y a tout juste quinze jours à La Rochelle.

La première secrétaire ne veut pas entendre dire qu’il y ait un problème dans les procédures de vote au PS. Interrogée sur l’existence d’un bourrage des urnes organisé, Martine Aubry nie: «De ce que j’en connais, il n’y en a pas», avant d’admettre qu’«il y a de mauvaises pratiques dans le parti.»

«Une haute autorité éthique»

Pourtant la question de la triche a bien été au cœur des débats. D’abord dans le texte adopté par le conseil national et qui sera soumis au vote des militants le 1er octobre. Ce questionnaire en douze points, élaboré par Arnaud Montebourg, évoque les primaires ouvertes à la gauche, le non-cumul des mandats, la parité… et l’éthique. Outre de nouvelles règles de contrôles lors des scrutins, le texte propose la création d’une haute autorité «chargée de faire respecter les règles d’éthique et de droit s’imposant à tous les adhérents du Parti socialiste, disposant des moyens de les faire respecter et tranchant en dernier ressort». Une alternative à la très décriée « commission de récolement » qui tranchait jusqu’ici sur les litiges électoraux.
 
«Unité» et «sincérité»

Malgré le mot d’ordre lancé par la première secrétaire -parler uniquement du processus de rénovation-, à la tribune et dans les couloirs de la Maison de la Mutualité, c’est bien le vote du congrès de Reims qui a alimenté les débats. «Tous les élus socialistes seraient prêts à se faire tuer si on leur volait une urne lors d’une élection. Paradoxalement, ce n’est plus le cas lorsqu’il s’agit d’un scrutin au sein du parti… », a ainsi souligné Jean-Pierre Mignard, ex-président de Désirs d’avenir.  Et pour une fois, les différents courants étaient au diapason. A l’exception de Malek Boutih qui «refuse de passer l’éponge » et milite pour la création d’un nouveau parti, tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de tourner la page de Reims en instaurant de nouvelles règles. «Il en va de l’honneur du premier parti de gauche», a insisté Arnaud Montebourg.