Le député socialiste Julien Dray, soupçonné d'abus de confiance, a porté plainte mardi au parquet de Paris pour "violation du secret professionnel et recel de ce délit", après la divulgation dans la presse d'extrait d'une enquête préliminaire le visant, a annoncé à l'AFP son avocat Me Forster.
Le député socialiste Julien Dray, soupçonné d'abus de confiance, a porté plainte mardi au parquet de Paris pour "violation du secret professionnel et recel de ce délit", après la divulgation dans la presse d'extrait d'une enquête préliminaire le visant, a annoncé à l'AFP son avocat Me Forster. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

POLITIQUE

Julien Dray règle ses comptes dans un livre

Le député de l'Essonne raconte comment il a vécu la révélation de l'affaire...

Dans L'épreuve, un livre à paraître aux éditions du Cherche Midi et dont l'Express publie des passages, Julien Dray règle ses comptes: l'attitude du parti, de Martine Aubry ou bien des autorités judiciaires, le député de l'Essonne contre-attaque.

Interrogé sur France 2 à l'occasion de la sortie de ce livre, Julien Dray est revenu ce mercredi sur les accusations d'abus de confiance dont il a fait l'objet. «Il y a certainement eu une certaine insouciance dans la tenue de mes comptes, mais cela n'a rien à voir avec quelque chose d'illégal» a-t-il expliqué, ajoutant: «Je n'ai jamais remis en cause la nécessité de l'enquête. Ce que je conteste c'est la diffusion d'un certain nombre d'informations, souvent fausses». Son livre, dans lequel il se montre beaucoup plus acerbe, lui permet donc de donner sa version des faits.

Des données «totalement fictives»

Concernant son cas, il évoque clairement la thèse d'une mise en scène: «on avait besoin de faire figurer quelque part, dans le rapport d'enquête de police, une somme correspondant aux 400.000 euros que les agents du ministère des Finances me soupçonnaient d'avoir détournés. Alors, faute de pouvoir la trouver, on a construit un échafaudage comptable pour la faire apparaître comme par magie, additionnant des données complètement hétérogènes et parfois totalement fictives pour arriver aux montants souhaités...», écrit Julien Dray.

Il évoque également sa déception quant au peu de soutien dont il estime avoir fait l'objet de la part de son parti. Notamment  sa surprise des déclarations de Benoît Hamon - qui s'en explique d'ailleurs sur l'Express - à qui il avait demandé d'être prudent s'il évoquait sa situation : «il explique alors tranquillement à la presse que l'affaire en cours concerne personnellement Julien Dray et n'a rien à voir avec le PS!»

Soutiens de la part de personnalité de droite

Quant à Martine Aubry, il regrette ce qu'il a perçu comme une absence de sa part: «pas de déclaration publique durant les quatre premiers jours. Ni de petit geste privé témoignant d'une attention particulière.» Puis il explique qu'il a finalement eu une discussion avec la maire de Lille sur le sujet: «Tu m'as expliqué ton silence, protestant de ta volonté initiale de me soutenir -volonté qui aurait été finalement brisée par les propos de l'avocat de SOS Racisme, le premier jour de l'affaire, t'accusant d'être responsable de ce qui nous arrivait», dit-il dans une sorte d'adresse à la première secrétaire du PS.

A l'en croire, ce sont plutôt des personnalités de droite - Renaud Muselier, Claude Goasguen, Pierre Mazeaud - qui lui ont témoigné de l'affection.

Il accuse également a cellule anti-blanchiment Tracfrin, qui a révélé l'affaire: «vous vous êtes comportés comme un pur service d'enquête judiciaire -ce que vous n'êtes pas, faut-il le rappeler- et, comme il n'y avait personne pour vous apporter la contradiction, vous vous êtes auto-intoxiqués, accouchant, à l'arrivée d'une monstruosité de "rapport".»