Mélenchon raconte à son tour les «grosses tricheries» au Parti socialiste

POLITIQUE Il évoque notamment les «15.000 voix volées au congrès de Dijon»...

E.J.

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Malgré les appels répétés du PCF et du Parti de Gauche (de Jean-Luc Mélenchon) pour qu'il rejoigne leur "front de gauche", Olivier Besancenot (NPA) a plusieurs fois affirmé qu'il n'était "pas d'accord" pour un "bon coup électoral" aux européennes, défendant un "front durable" basé sur une indépendance totale vis-à-vis du Parti socialiste.
Malgré les appels répétés du PCF et du Parti de Gauche (de Jean-Luc Mélenchon) pour qu'il rejoigne leur "front de gauche", Olivier Besancenot (NPA) a plusieurs fois affirmé qu'il n'était "pas d'accord" pour un "bon coup électoral" aux européennes, défendant un "front durable" basé sur une indépendance totale vis-à-vis du Parti socialiste. — Boris Horvat AFP

Ancien du Parti socialiste, qu'il a quitté pour fonder le Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon ne se prive pas de jeter de l'huile sur le feu des révélations sur les scrutins du PS. Dans une note sur son blog baptisée «Le jour des tricheurs», il raconte, souvenirs à l'appui, son expérience de la pratique des élections internes.

A l'en croire, il a vraiment pris conscience des choses lorsqu'il s'est présenté contre François Hollande pour l'élection du premier secrétaire, lors du congrès de Brest en 1997. «Les procès verbaux étaient bidonnés de tout côté. Des sections qui n’avaient pas voté étaient censées avoir centralisé des résultats, certaines fédérations envoyaient successivement des procès verbaux différents», raconte l'ancien socialiste.

Du coup, Mélenchon raconte qu'il rencotre Hollande en tête-à-tête dans son bureau, pour s'arranger. «On convint donc d’un résultat qui serait annoncé: 85% pour lui, 15% pour moi. On gagnait des voix tous les deux par rapport aux votes des motions.» Sauf que «comme d’habitude avec Hollande, rien ne fut tenu», et voilà Jean-Luc Mélenchon crédité de 8%.

Bartolone et les 15.000 voix «volées»

Dans le même genre, il relate également comment au congrès du Mans en 2005 avec Claude Bartolone il a réussi à gagner 4% pour sa motion, dont Laurent Fabius était premier signataire. Pendant la nuit où les résultats étaient récoltés, «nous nous répandîmes lui et moi, en protestations et dénonciations. (...) A midi le résultat bougeait. Nous avons alors été côtés à 21 %.» Pour persuader Claude Bartolone de faire un esclandre, Jean-Luc Mélenchon dit lui avoir rappellé comment «les fabiusiens s’étaient amusés en nous disant que quinze mille voix nous avaient été volées au congrès de Dijon».

«Mais quel était le vrai résultat? Personne ne le saura jamais», regrette Jean-Luc Mélenchon.

Et selon lui, «les choses prirent cette tournure d’organisation d’un système généralisé que sous les mandats François Hollande», qui «ne pouvait rien ignorer de tout cela». Il précise bien sûr n'avoir «jamais supporté» ces pratiques.