Bayrou lance une «offre publique de dialogue» à la gauche

POLITIQUE Le président du MoDem a répondu à Martine Aubry lors du discours de clôture de l'université d'été de son parti...

Avec agence

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François Bayrou le 7 juin au siège du MoDem.
François Bayrou le 7 juin au siège du MoDem. — CHAMUSSY/SIPA

La première secrétaire du Parti socialiste lui a demandé samedi ce qu’il voulait. Il lui a répondu. Le président du MoDem François Bayrou a fait dimanche à La Grande-Motte «une offre publique de dialogue» à l'opposition pour préparer une «alternance crédible» mais en écartant très clairement tout idée de ralliement de sa formation politique à la gauche.

«Ma conviction est qu'il faudrait que tous les Français puissent comprendre, au travers de leurs échanges, ce que pensent les familles politiques qui veulent une alternance», a déclaré le président du Mouvement démocrate, lors de son discours de clôture des universités d'été de son parti.

Alors que la numéro un du PS, Martine Aubry, lui a demandé de clarifier ses positions avant d'entamer un dialogue, François Bayrou a indiqué que pour sa part il ne posait «aucune condition au dialogue»". «Je ne fais aucune exclusive», a-t-il dit.

«Un parlement de l’alternance»

«Je n'ai aucune preuve à faire, vous n'êtes pas chargée de contrôler les papiers, de vouloir faire rentrer tout le monde dans le rang. Il n'y a pas de surveillante générale. Il n'y a pas de rang, il y a une mission à remplir, qui nous concerne tous: rendre l'alternance possible et crédible», a poursuivi François Bayrou.

Pour organiser ce dialogue de l'opposition, il a proposé une sorte de «parlement de l'alternance» où chacun vient «avec ses idées, sujet par sujet», où «l'on expose et confronte, sereinement, d'accord pas d'accord devant les Français».

«Après, lorsqu'on saura clairement où sont les convergences et les différences, et même les divergences. Et quand il y aura divergence, sur un grand sujet, qui tranchera? Ce sont les Français, et c'est à cela que sert le premier tour d'une grande élection», a-t-il ajouté.

Pas de ralliement, pas d’alignement


«C'est le pluralisme nécessaire. Chacun défend sa vision, son identité, son autonomie. Pas de ralliements! Pas d'alignement!», a précisé François Bayrou en fustigeant par avance ceux qui refuseraient ce dialogue.

Il a en outre lancé un avertissement à ses alliés potentiels: «Tous ceux qui diront: ‘nous n'avons rien à voir avec vous, qui que soit le nous et qui que soit le vous’, tous ceux qui diront: ‘je n'accepterai de parler avec vous que le jour où vous m'aurez rallié, ou vous vous serez renié’ (...) ils travaillent -qu'ils le veuillent ou pas- pour que le régime actuel dure dix ans».