Benoit Hamon: «Le meilleur discours d'Aubry depuis qu'elle est première secrétaire»

INTERVIEW Le porte-parole du Parti socialiste fait le bilan de l'université d'été de La Rochelle...

Propos recueillis par Emile Josselin

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Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon à l'université d'été à La Rochelle le 29 août 2009.
Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon à l'université d'été à La Rochelle le 29 août 2009. — Stephane Mahe / REUTERS
Quel bilan tirez-vous de cette université d’été par rapport à celle, très agitée, de 2008?

C’est le jour et la nuit. En 2008, vous aviez des socialistes qui passaient leur temps à s’épier, et à faire un concours de petites phrases, tout cela sous le regard des militants. Cette année, nous avons été beaucoup plus concentrés sur les questions de fond. Et nous n’avons pas esquivé les questions liées aux alliances et à la stratégie du parti. À la fin, Martine Aubry a fait un discours - son meilleur depuis qu’elle est première secrétaire - qui plaçait enfin le PS dans une opposition crédible.

Martine Aubry a opté pour des primaires servant à désigner «le candidat socialiste». Vous qui militez pour des primaires de toute la gauche, êtes-vous resté sur votre faim?

En fait, ce sont déjà plus que des primaires socialistes: Jean-Pierre Chevènement a dit oui, Jean-Michel Baylet (le président du PRG, ndlr) également, Cohn-Bendit a exprimé son intérêt… On est déjà dans un processus de l’établissement d’un candidat commun. Et cela va bien au-delà du choix de la personne, cela participe de l’élaboration d’un socle commun de ce que serait l’action politique une fois au pouvoir. Je trouverais beaucoup de défauts à un processus qui ne soit réservé qu’aux seuls socialistes.

Au sein du PS, vous avez été charge de bâtir la «maison commune» de toute la gauche. Concrètement, cela consiste en quoi?

Nous allons proposer des moments d'expression en commun, des contributions: sur la privatisation de La Poste, ou bien sur le sommet de Copenhague. Il s'agit de commencer un cycle de propositions, qui donneront peut-être autre chose après les régionales.

Sur les alliances, vendredi soir devant ses partisans, Ségolène Royal voyait dans le discours de Martine Aubry le signe que le MoDem était «bienvenu». Et vous?

Chacun peut dire ce qu'il veut. Après, écoutez le discours de Martine Aubry. C'est un projet qui n'aurait pu être mis en oeuvre avec le Modem. Elle parle de relocalisations, de mise sous tutelle des entreprises bénéficiaires qui délocalisent, de hausse des salaires... Si l'on ajoute le refus de Marielle de Sarnez quant aux primaires, il y a des incompatibilités qui se dessinent. Je suis assez content que l'esprit aventureux et aventuriste de Marseille (où a eu lieu la réunion des partisans de Royal, ndlr) n'a pas soufflé longtemps.