Fiscalité, délocalisations, emploi des jeunes... Aubry a exposé le programme du PS

POLITIQUE La première secrétaire du PS avait promis un discours tourné vers les Français...

E.J., à La Rochelle

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Martine Aubry lors de son discours de clôture de l'université d'été du PS à La Rochelle le 30 août 2009.
Martine Aubry lors de son discours de clôture de l'université d'été du PS à La Rochelle le 30 août 2009. — REUTERS/Stephane Mahe

Lorsqu'elle monte à la tribune, dans une salle plénière plein, Martine Aubry est un peu émue. A la tribune, la première secrétaire du PS a répondu à la salle qui scandait «Tous ensemble, socialistes!»: «On l'attendait, on l'a vécu, quelle victoire sur nous-mêmes» a-t-elle lancé. Elle évoqué la «convivialité» du week end rochelais. «Elle m'a fait chaud au coeur», a dit la maire de Lille, pour qui «sans rassemblement, sans camaraderie, sans amitié, entre nous ça ne marche pas».

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Martine Aubry a agencé son week end en deux temps. Le vendredi, son intervention était centrée sur la réforme du parti. Ce dimanche, elle voulait «parler aux Français». C'est donc sans surprise que son intervention est centrée sur les propositions qu'entend développer le parti pour s'opposer à Nicolas Sarkozy. Voici les principales mesures que la première secrétaire du PS a défendues.

Fiscalité. Abrogation du paquet fiscal, baptisé «boulet fiscal». Elle a demandé également au gouvernement de «ne pas supprimer les allocations familiales pour les jeunes de plus de vingt ans».

Délocalisations. La première secrétaire du PS a proposé que les entreprises bénéficiaires qui délocalisent puisse être «mises sous tutelle par le tribunal de grande instance», avec un administrateur judiciaire. Et ce afin de faire cesser ce qu'elle a qualifié de «pillage».

Réforme des collectivités locales. Selon la première secrétaire du PS, le nouveau statut de conseiller territorial, élu à la fois au conseil général et au conseil régional, est «une organisation archaïque». Pour elle, les nouveaux cantons qui en découleront créeront des élus «trop près pour la mission de conseiller régional, et trop loin pour la mission de conseiller général». Elle a également dénoncé le mode d'élection: «Les conseillers territoriaux seront élus à la proportionnelle dans les agglomérations, où la gauche est majoritaire, et au scrutin majoritaire dans les zones rurales».

Emploi des jeunes. Martine Aubry a défendu son bilan de ministre de l'Emploi du gouvernement Jospin, arguant que «80%» des emplois-jeunes crées entre 1997 et 2002 ont aujourd'hui un emploi. Elle a donc demandé la création de «150.000 emplois jeunes dans l'économie verte et les services à la personne». «Puisque Monsieur Sarkozy veut un emprunt utile pour la France, qu'il commence par emprunter les idées de la gauche!» a ironisé Martine Aubry.

Ecologie. La première secrétaire du PS, qui a qualifié comme Ségolène Royal la taxe carbone d'«injuste», propose une contribution énergie-climat concernant toutes les entreprises. Elle a également proposé un «grand plan de transport carbone zéro», qui serait financé à 50% par l'Etat.

Capitalisme financier. La première secrétaire du PS a prôné une limitation des bonus - «qu'ils ne dépassent pas la part fixe du salaire» - et une interdiction des stocks options «sauf pour les entreprises naissantes».
Martine Aubry a annoncé que le Parti socialiste européen - sur son initiative, dit-elle - allait lancer «une grande campagne pour la régulation financière au coeur de laquelle se trouvent la limitation et la régulation de la rémunération des réglementations variables et l'encadrement des hautes rémunérations». Elle a également annoncé que «les démocrates américains veulent se joindre à ce mouvement», dans la perspective du G20 de Pittsburgh.