Hamon au «stade ultime du non-cumul»... Vote militant sur les primaires, une «machine à claques»?...

POLITIQUE Le journal de l'université d'été du PS à La Rochelle...

Emile Josselin, à la Rochelle

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Francois Hollande au congrès de Reims, le 14 novembre 2008.
Francois Hollande au congrès de Reims, le 14 novembre 2008. — REUTERS/Pascal Rossignol

Hamon: «j'expérimente le stade ultime du non-cumul: plus de mandat du tout»
Benoît Hamon nous le confiait, il utilise souvent des blagues lancées avec ses amis pour alimenter son compte Twitter. La Rochelle n'a pas fait exception à la règle. Lors d'une réunion avec le MJS il lance «moi j'expérimente le stade ultime non-du cumul des mandats: plus de mandat du tout», puisque le socre du PS aux élections européennes ne lui a pas permis d'êtrée réélu. L'aphorisme - qui a bien fait rire la salle - se retrouve peu de temps après sur son compte Twitter.

Le vote militant sur les primaires, une «machine à claques»?
L'eurodéputé Stéphane Le Foll et le député Bruno Le Roux, des proches de François Hollande se sont inquiétés des modalités d'une consultation militante du 1er octobre proposée la veille par Martine Aubry. «S'il s'agit de demander aux militants s'il faut débattre de primaires ouvertes pour désigner le candidat socialiste à la présidentielle, alors on relancera la machine à claques», selon eux.

Christian Paul: le but des primaires, «c'est qu'un socialiste soit candidat à la présidentielle»
En réunion avec le mouvement des jeunes socialistes, le député de la Nièvre Christian Paul, responsable du «Laboratoire des idées du PS» a insisté sur la nécessité de travailler sur le projet des socialistes d'ici les primaires, prévues au premier semestre 2011. Sinon, il y a selon lui le risque pour un parti socialiste «affaibli» de ne pas remporter les primaires. Or, «le but, c'est qu'un socialiste soit candidat à la présidentielle», a avancé lé député de la Nièvre.

Hamon et Camus
En clôture l'atelier «penser l'avenir»; où il cotoyait Cécile Duflot, Jean-Pierre Chevènement et Bertrand Delanoë, Benoît Hamon a cité Albert Camus, qu'il a relu pendant ses vacances: «au milieu de l'hiver j'ai découvert en moi un invincible été». Une phrase qu'il voit comme un appel à l'optimisme: «ça veut dire que le pire n'est pas certain. Nous sommes beaucoup plus semblables qu'on veut bien le dire» a lancé le porte-parole du parti, évoquant les rapports du PS avec les autres partis de gauche. Il en a profité pour finir sur une un appel au rassemblement: «au moment où Nicolas Sarkozy fait le parti unique de la droite, on ne pourra pas toujours repousser à demain celle de l'unité de la gauche», récoltant une belle ovation.

Duflot et Aubry en tête à tête
C'est avec une ironie certaine que Cécile Duflot a évoqué la montée du discours écologiste au PS après les européennes. «J'ai compris que tout le monde était écologiste maintenant», a souligné la secrétaire générale des Verts, suscitant quelques sifflets de la salle. «On aurait pu rester dans notre coin et se dire, "c'est nous les modernes"», a répondu la secrétaire générale des Verts, qui a invité les socialistes à «arrêter de croire aux fétiches fabriqués par la révoltuion industrielle». Elle a demandé aux socialistes «un premier geste de taille: renoncer au projet d'aéroport Notre-Dame des Landes», actuellement soutenu par le PS. «Il ne suffit pas de se réveiller après les européennes», a-t-elle lancé aux socialistes, tout en insistant sur «l'héritage commun» des partis de gauche. Après l'atelier, elle a rejoint Martine Aubry pour un symbolique pôt en tête à tête.

Duflot, Chevènement, Delanoe et Hamon réunis a la tribune

Ambiance résolument gauche plurielle pour l'atelier «penser l'avenir», qui reunit côte à côte la secrétaire nationale des Verts et le président du Mouvement républicain et citoyen. Si le nom de Chevènement essuie de légers sifflets, Duflot est acclamée. Quant à Benoît Hamon, ses partisans, qui ont massivement investi la salle, lui reservent une ovation et scandent son prénom sitôt que le coordinateur de l'atelier le presente.

Des détails sur le futur réseau social du PS
Benoît Thieulin, qui travaille à la conception du réseau social Internet du Parti socialiste, a détaillé les «trois cercles»de fonctionnement de cet outil, baptisé Coopol (Coopérative politique), qui verra le jour en octobre. Tout d'abord il s'agit de «numériser l'organisation du parti: chaque section aura son mini-Facebook», explique le patron de la Netscouade, qui avait notamment réalisé le site de Désirs d'avenir, l'association de Ségolène Royal. Ensuite, le site va «interconnecter ces minis-réseaux: les militants auront ainsi la possibilité de créer leur groupe thématique seuls, ce qui leur donne quand même un sacré pouvoir». Le troisième cercle consitera à mettre en relation les militants et les sympathisants. Reste cependant à convertir au web les militants socialistes qui ne le sont pas: le parti prévoit de mettre à contribution les jeunes militants pour former leurs aînés, moins au fait de la vie numérique.

Régionales: Hollande pour une «campagne nationale»
L'ancien premier secrétaire a estimé ce samedi matin qu'il fallait faire une «campagne nationale, axée sur quatre ou cinq propositions communes à toutes les régions». Sur les primaires, il a redit sa préférence pour une consultation destinée à choisir uniquement le candidat du parti socialiste. «Il s'agit de choisir rapidement une modalité qui permette à la gauche de se rassembler et de gagner. La meilleure façon d'y parvenir, c'est que les socialistes choisissent un candidat socialiste», explique le premier secrétaire. «N'allons pas dire aux autres ce qu'ils ont à faire», répond le premier secrétaire lorsque l'on évoque des primaires de toute la gauche.

Hammadi: «arrêter de pleurer»
L'ancien président du MJS Razzye Hammadi s'est félicité que le PS par les propositions de Martine Aubry fasse «le pari de la réussite». Selon lui, la proposition sur le cumul des mandats permet d' «attaquer les archaïsmes et les conservatismes du parti». Il a donc enjoint ses camarades à «arrêter de pleurer, de râler, maintenant il faut bosser». Visant notamment Vincent Peillon, Razzye Hammadi a également appellé les socialistes à «arrêter de mettre le Modem au centre du débat», jugeant que c'était à Frannçois Bayrou de se positionner.