Portrait-robot des nouveaux écolos

POLITIQUE Ils votent Europe écologie et sont de plus en plus nombreux. Mais qui sont-ils?

Oriane Raffin (envoyée spéciale à Nîmes)

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Séminaire à l'Université d'été des Verts, à Nîmes
Séminaire à l'Université d'été des Verts, à Nîmes — SICHOV/SIPA

Les magazines les surnomment les «écolo in», ces protecteurs de l’environnement, forcément bobos et tellement à la mode. Jean-Marc Brûlé, membre du collège exécutif des Verts, les distingue des écolos «en poncho en poil de yack», l’écolo caricatural tel qu’on se le représentait il y a quelques années encore.

A Nîmes, durant les journées d’été d’Europe écologie et des Verts, point de poncho. Certes, la température s’y prête peu, mais n’empêche. A en croire les études sociologiques sur l’électorat Europe écologie, ce sont plutôt des électeurs entre 35 et 49 ans (24% d’entre eux ont voté pour le rassemblement écologiste), issus des catégories socioprofessionnelles supérieures qui ont apporté leurs voix à José Bové, Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly.

Une auberge espagnole


Les uns viennent du milieu associatif, les autres sont des militants Verts, d’autres ont jonglé avec les deux. Une joyeuse auberge espagnole qui a su s’unir dans un rassemblement, autour de convictions «fortes». «Réunir des gens de sensibilités différentes, c’est important», lance un militant, qui a travaillé son slogan.

Leur engagement, ils le conçoivent au quotidien. Pour Agathe, «c’est une question de bon sens, au quotidien: respecter l’environnement, respecter la nature et aussi se respecter.» «Nous avons une responsabilité vis-à-vis des générations à venir. On ne veut pas laisser le monde tel qu’il est à nos enfants», continue Christine.

Nouveau rapport à l’écologie

Le rapport à l’écologie a évolué. Pour Jean-Daniel Lévy, directeur études et sondages au CSA «le rapport des Français à l’écologie n’est plus du tout le même». En 1995, l’écologie, c’était le «post-matérialisme»: «une fois satisfaits les besoins primaires, on pouvait penser à quelque chose d’autre, le ciel bleu, les petites fleurs. C’était un plus au quotidien.» Une situation qui n’est plus la même désormais.

La logique selon laquelle on imaginait que la science apportait un progrès n’est plus valable. «On réinterroge le lien science, santé, alimentation. La qualité de l’air, la santé des enfants, etc. inquiètent.»

Dans les semaines et les mois à venir, le profil des électeurs d’Europe écologie pourrait encore s’élargir, puisque Daniel Cohn-Bendit évoquait jeudi ouvrir les bras jusqu’au MoDem s’il le faut, pour gagner face à Nicolas Sarkozy.

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