Les présidents français et leur santé

POLITIQUE Cela a toujours été un sujet sensible sous la Ve République...

Avec agence

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Huit hommes, dont un socialiste et un centriste, sept femmes: le premier gouvernement de François Fillon a été annoncé vendredi, avec une forte ossature UMP tout en respectant l'engagement de Nicolas Sarkozy de parité et d'ouverture.
Huit hommes, dont un socialiste et un centriste, sept femmes: le premier gouvernement de François Fillon a été annoncé vendredi, avec une forte ossature UMP tout en respectant l'engagement de Nicolas Sarkozy de parité et d'ouverture. — Patrick Kovarik AFP

Ce dimanche, Nicolas Sarkozy a été hospitalisé. Il s'agit de la deuxième hospitalisation du chef de l'Etat depuis le début de son mandat en 2007. Le président de la République avait déjà été brièvement hospitalisé le 21 octobre 2007 à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris. Il y avait subi l'ablation d'un abcès à la gorge en toute discrétion.

Cette fois, c'est après un malaise que Nicolas Sarkozy a été hospitalisé. Comme c'est souvent le cas des hommes politiques français, c'est à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce qu'il a été admis.

Promesses de campagne

Comme ses prédécesseurs Valéry Giscard d'Estaing en 1974 et François Mitterrand en 1981, Nicolas Sarkozy s'était engagé lors de la campagne présidentielle à publier régulièrement des bulletins de santé. Dans le dernier bulletin de santé, il était d'ailleurs indiqué que «plusieurs examens médicaux (cardio-vasculaires et sanguins)» avaient été prescrits et que leurs résultats s'étaient «révélés normaux».

Malgré ses promesses, Valéry Giscard d'Estaing, élu à l'âge de 48 ans, ne l'a jamais fait. En ce qui concerne François Mitterrand, des rumeurs circulent, dès l'automne 1981, sur une «maladie» ou un «cancer» du président. Mais jusqu'à l'été 1992, les bulletins de santé n'en font pas état.

Son cancer de la prostate n'est rendu public qu'après son opération à l'hôpital Cochin le 11 septembre 1992. Il subit une seconde opération le 18 juillet 1994 et achève son mandat dans la souffrance.


Neuf jours après sa mort le 8 janvier 1996, son médecin personnel Claude Gubler révèle dans le livre «Le Grand secret» que François Mitterrand souffrait d'un cancer depuis l'automne 1981. Ce qui relance la polémique sur la question de la communication des présidents de la République Française au sujet de leur santé.

Pas de bulletins de santé pour Chirac

En 1995, Jacques Chirac, âgé de 62 ans, promet de «donner toute information significative sur son état de santé» mais refuse de communiquer des bulletins réguliers au nom du principe du respect de la vie privée.

Le 2 septembre 2005, il est hospitalisé durant une semaine au Val-de-Grâce pour un «petit accident vasculaire». Il reprendra ses fonctions le 12.

En 2003, des rumeurs avaient couru sur des difficultés auditives du chef de l'Etat, alors démenties par des proches.

Pompidou garde sa maladie secrète

Gravement malade depuis plusieurs mois, le président Georges Pompidou décède le 2 avril 1974, à 62 ans, après moins de cinq ans de mandat. Jusqu'au bout et en dépit des spéculations, il garde le secret sur sa «maladie de Waldenstrom», une sorte de cancer du sang. Sa veuve, Claude Pompidou, ne dévoilera le nom de sa maladie qu'en 1982.

Le général de Gaulle ne communiquait pas non plus au sujet de sa santé. Le 17 avril 1964, à l'âge de 73 ans, il avait été hospitalisé durant une quinzaine de jours à l'hôpital Cochin où il avait subi une ablation de la prostate.