Nicolas Sarkozy fait un malaise

SANTÉ fficiellement, il va bien...

Clémence Lemaistre

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Nicolas Sarkozy de retour de jogging à l'Elysée, le 17 mai 2009.
Nicolas Sarkozy de retour de jogging à l'Elysée, le 17 mai 2009. — PATRICK KOVARIK / AFP

Nicolas Sarkozy, 54 ans, a été hospitalisé dimanche, a annoncé l'Elysée dans l'après-midi. «Aujourd’hui en fin de matinée, a expliqué la présidence, alors qu’il effectuait un jogging dans le parc du Château de Versailles, le président de la République a été pris d’un malaise. Ce malaise, qui est survenu après 45 minutes d’exercice physique intense, ne s’est pas accompagné d’une perte de connaissance. Il a conduit le Président à interrompre son effort et à s’allonger avec l’aide d’un proche. Le médecin de l’Élysée qui était à proximité a apporté les premiers soins et a prévenu les secours. Le Président a été transporté en hélicoptère à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce où des examens de contrôle sont réalisés depuis 13h45.»

>> Lire notre reportage devant le Val-de-Grâce

C'est la deuxième fois que le chef de l'Etat est hospitalisé depuis le début de son mandat en 2007. Il avait déjà été brièvement hospitalisé le 21 octobre 2007 à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, pour y subir l'ablation d'un abcès à la gorge en toute discrétion.

Le chef de l'Etat se trouvait, comme tous les week-end, à sa résidence de la Lanterne à Versailles et faisait son jogging lorsque son malaise s'est produit. Selon son entourage, il aurait subi un malaise vagal, un accident cardiaque mineur pour les médecins. Le malaise vagal (ou syncope vagale) est une brève perte de connaissance due à la suractivité du nerf vague, nerf dont le rôle est de ralentir le rythme cardiaque. Les syncopes vagales sont particulièrement spectaculaires mais ne présentent pas de danger pour le patient et ne nécessitent pas de traitement spécifique. Cela n'a pas empêché le médecin du chef de l'Etat de le faire hospitaliser.

Une vie stressante

Il faut dire qu'à 54 ans, Nicolas Sarkozy continue à faire régulièrement du sport, en priorité du jogging et du vélo. Et s'il est en forme, il n'en a pas moins un emploi du temps chargé et fatiguant, avec beaucoup de stress. «Or après 45 ans, il faut être prudent», selon le cardiologue William Konqui, interviewé sur LCI. Fatigue et stress sont en tous cas deux facteurs à l'origine du malaise vagal, qui demande pour se rétablir de manger à heure fixe, de dormir beaucoup et d'éviter le stress. pas évident pour un Président. Nicolas Sarkozy devrait toutefois pouvoir prendre du repos puisqu'il a prévu de partir au cap Nègre, chez son épouse, après la tenue du dernier conseil des ministres de l'été ce mercredi. Retour prévu à Paris, fin août.

Le 3 juillet dernier, comme Nicolas Sarkozy s'y était engagé, la présidence avait publié un bulletin médical. On pouvait y lire: «A la demande de Monsieur le Président de la République, plusieurs examens médicaux (examens cardio-vasculaires et sanguins) lui ont été prescrits. Les résultats de ces différents examens se sont révélés normaux.»

Retour de Fillon à Paris

Certes, reste que ce communiqué pose deux questions: pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il ressenti le besoin de passer de tels examens médicaux, il n'en avait pas passé l'an dernier, ou alors il n'avait pas communiqué dessus. Et si tout allait bien et qu'il ne s'agit que d'un malaise vagal, pourquoi a-t-il été hospitalisé? Par simple prudence en sa qualité de chef de l'Etat?

Car selon l'Elysée tout va bien: «L’examen clinique et les examens complémentaires à visée neurologique sont normaux (bilan sanguin, électroencéphalogramme, IRM). La surveillance cardiologique, systématiquement pratiquée dans de telles circonstances, se poursuit jusqu’à demain [lundi] matin. Entre-temps, le président de la République se repose. Il a reçu ses proches collaborateurs afin de se tenir informé de l’actualité», a indiqué l'Elysée dans un communiqué publié en fin de journée.

De son côté, le Premier ministre François Fillon a fait savoir qu'il arrivait à Paris, ayant écourté son week-end dans la Sarthe, où il a une maison et où il était député, alors que les premières réactions politiques commençaient à tomber.