Martine Aubry à Manuel Valls: le PS, tu l'aimes ou tu le quittes

POLITIQUE La première secrétaire du parti a transmis une lettre salée au député et maire PS d'Evry mardi soir...

C. F. et E. J.

— 

Manuel Valls, fin novembre 2008 à Paris.
Manuel Valls, fin novembre 2008 à Paris. — GONZALO FUENTES / REUTERS

Son sang n'a-t-il fait qu'un tour en voyant Manuel Valls déambuler à la Garden party? Toujours est-il que Martine Aubry a transmis au député et maire PS d’Evry (Essonne), mardi soir, une lettre de trois feuillets, dont le contenu est révélé par «Le Parisien» ce mercredi.

La première secrétaire du PS n'y va pas de main morte: «Tu donnes l’impression d’attendre, voire d’espérer la fin du Parti socialiste. Mon cher Manuel, s’il s’agit pour toi de tirer la sonnette d’alarme par rapport à un parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics, et apporter en notre sein tes idées et ton engagement. Mais si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences, et quitter le PS», écrit-elle, selon «Le Parisien».

Ultimatum

Martine Aubry pose même un ultimatum à celui qui se verrait bien candidat à l'Elysée en 2012: «C’est le moment de vérité. Je te demande me faire part de ton choix dans les jours qui viennent. On n’appartient pas à un parti pour s’en servir, mais pour le servir.»

Manuel Valls aurait réagi après la publication de cette lettre: «Je ne quitterai pas le PS, pas plus que je ne vais me taire», aurait-il assuré ce mercredi, selon «Le Monde».

Laurent Fabius s'est de son côté félicité ce mercredi «qu'on rappelle les uns et les autres au besoin d'unité. Il faut quand même qu'il y ait un pilote dans l'avion.» «Au Parti socialiste il y a toujours eu une grande liberté. Mais il y a des limites à ne pas franchir», a poursuivi l'ex-Premier ministre socialiste sur RMC Info/BFM TV. Un avis partagé par l'ancien Premier ministre Michel Rocard, qui a déploré ce mercredi qu'au PS «on scissionne quand on n'est pas content», au lieu de «fermer sa gueule».

«Parfois Manuel a franchi la ligne jaune»

«C'est une lettre dans laquelle tout est dit, sur laquelle je n'ai pas de commentaires à faire» a jugé pour sa part le porte-parole du PS Benoît Hamon, au cours du point presse hebdomadaire du parti. «Manue Valls, c'est un présidentiable, candidat aux primaires, considéré comme une figure d'avenir du parti socialiste, ça confère aussi des devoirs», a-t-il jugé. «Parfois Manuel a franchi la ligne jaune», a fini par reconnaître Benoît Hamon, pour qui «avant de rassembler la gauche, il faut rassembler les socialistes».

Manuel Valls s'est fait une spécialité de prendre ses camarades socialistes à contre-pied, bénéficiant ainsi d'une présence médiatique supérieure à son poids politique du PS. Il a lancé fin juin son club politique, baptisé «Gauche optimiste», pour peser dans le «renouveau» de la gauche.