Rassemblement de la gauche: Jean-Luc Mélenchon dénonce «le double jeu» de Martine Aubry

GAUCHE Pour le président du Parti de gauche, la première secrétaire du PS est plus proche du MoDem que des autres partis de gauche...

Avec agence

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Malgré les appels répétés du PCF et du Parti de Gauche (de Jean-Luc Mélenchon) pour qu'il rejoigne leur "front de gauche", Olivier Besancenot (NPA) a plusieurs fois affirmé qu'il n'était "pas d'accord" pour un "bon coup électoral" aux européennes, défendant un "front durable" basé sur une indépendance totale vis-à-vis du Parti socialiste.
Malgré les appels répétés du PCF et du Parti de Gauche (de Jean-Luc Mélenchon) pour qu'il rejoigne leur "front de gauche", Olivier Besancenot (NPA) a plusieurs fois affirmé qu'il n'était "pas d'accord" pour un "bon coup électoral" aux européennes, défendant un "front durable" basé sur une indépendance totale vis-à-vis du Parti socialiste. — Boris Horvat AFP

Jean-Luc Mélenchon, ancien socialiste et fondateur du Parti de gauche, estime que l'appel au rassemblement adressé par Martine Aubry, première secrétaire du PS, aux partis de gauche «sent le double jeu».

Dans une interview publiée dimanche dans le «Journal du Dimanche», le sénateur estime qu’on ne peut pas «proposer l'union de la gauche au national, et avoir un comportement contraire à la base. Bref, la lettre d'Aubry sent le double jeu».

«Nous travaillons aux listes des régionales avec le PC, le NPA et les alternatifs. Nous n'avons pas d'autre choix pour échapper à l'étouffement de la gauche que tente Martine Aubry».

Passer devant le PS

Jean-Luc Mélenchon n'a «pas d'autre solution que de continuer à forger le Front de gauche» et de faire «une entente qui s'élargit, qui seule permettra de renverser le rapport de force, en passant devant le PS».

Martine Aubry a adressé une lettre rendue publique vendredi aux leaders des partis de gauche, à l'exception du NPA, les appelant à une «nouvelle démarche de rassemblement» à gauche «sans préalable», dès les régionales.

Ce à quoi Jean-Luc Mélenchon répond: «S'il s'agit de cautionner une comédie, je n'en suis pas». Il juge que «la lettre de Martine est étrange» et s'étonne de la «maison commune» prônée par la maire de Lille, se demandant s’il s’agit du «vocabulaire hérité de l'URSS de Gorbatchev?»

Une opposition molle et confuse

«Pourquoi faire comme si nos divergences ne portaient pas sur des sujets politiques très concrets?», lance-t-il, évoquant la municipale partielle à Aix-en-Provence où le Parti de gauche a fait liste commune avec le PC et le NPA, alors que «le PS fait liste commune avec le MoDem, en rompant avec ses alliances de gauche de l'an dernier».

Pour lui, les socialistes «s'opposent à leur façon : molle et confuse. Et le double langage n'en finit pas». Ainsi, sur les retraites, «ils ont accepté de placer le débat» sur «la question de la pénibilité, exactement comme le demande Fillon, donc sans s'opposer, au préalable, à l'allongement de la durée de cotisations».

Et de conclure: «Pas de maison commune possible avec qui est sur la ligne de Sarkozy sur les retraites».