Montebourg menace d'en appeller aux militants pour promouvoir les primaires

PARTI SOCIALISTE Quand un membre de la direction en appelle à la base... contre la direction.

E.J.

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Arnaud Montebourg rue de Solférino le 24 février à Paris.
Arnaud Montebourg rue de Solférino le 24 février à Paris. — SICHOV/SIPA

Arnaud Montebourg continue de taper du poing sur la table. Déjà mercredi dernier, il menaçait quasiment de démissionner si Martine Aubry maintenait sa décision de trancher sur les primaires à l'été 2010. «Je ne discute pas sur la base de juin 2010, ce sera sans moi», tonnait-il alors.

Mais le député de Saône-et-Loire veut abattre encore une carte avant d'en arriver là. Dans la lettre qu'il envoie aux militants socialistes au nom de son secrétariat national à la rénovation, révélée par Mediapart avant sa publication, Arnaud Montebourg, n'exclut pas d'en appeler à une pétition des militants pour faire pression sur Martine Aubry. En effet, les statuts du parti socialiste prévoient que si 15% des militants signent un texte, le parlement du PS est obligé de saisir de la question.

La raison? Malgré les demandes d'Arnaud Montebourg, «aucun débat sur les primaires n’est programmé ni au bureau national ni à l’université d’été de La Rochelle», dit la lettre, qui brocarde «une forme d'enterrement» des primaires.

La question est en tout cas en train d'ouvrir un très vif débat dans la majorité de Martine Aubry. Et si les militants sont suffisamment nombreux à signer, chacun des courants d'idées du PS devrait se positionner. Les partisans de François Hollande et les jospinistes, sceptiques tout comme les fabiusiens, pourraient alors s'opposer aux amis de Benoît Hamon et Ségolène Royal, favorables à l'initiative. Reste une inconnue: l'opinion de Martine Aubry sur le sujet.