Travail du dimanche: les socialistes bientôt à court de temps de parole

POLITIQUE Selon la nouvelle procédure législative, les députés auront bientôt écoulé leur crédit de 19h50...

C. F. (avec agence)

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 Le chronomètre de l'Assemblée nationale.
 Le chronomètre de l'Assemblée nationale. — WITT/SIPA

Si les débats sur le travail du dimanche sont houleux sur le fond, les députés se livrent une autre bataille sur la forme: le temps de parole. Depuis le début des débats, le sablier du groupe PS se vide à vue d'oeil, alors que les députés UMP, qui interviennent rarement, l'ont à peine entamé. Selon «Le Figaro», il s'agit d'une tactique des élus de la majorité, qui prennent la parole le moins possible en attendant que le temps imparti à la gauche soit épuisé vendredi soir.

Or, les élus ne se sont attaqués que jeudi à la plus controversée du texte, les dérogations dans les communes touristiques.

Selon la nouvelle procédure législative (dite du «temps programmé»), sur les 14h55 attribuées à l'UMP, 11h47 étaient encore non utilisées lors de l'interruption des débats, dans la nuit de jeudi à vendredi. Sur les 19h50 de temps de parole attribuées au PS, il ne lui restait que 4h36.

Vote des amendements sans débat

A ce rythme, les débats, prévus jusqu'à samedi soir, voire lundi, pourraient être terminés dès vendredi à la mi-journée... sans que les autres mesures phares du texte n'aient été véritablement débattues. Car, lorsqu'un groupe a épuisé le temps qui lui a été attribué, la parole lui est refusée. La discussion se poursuit sans lui jusqu'au vote des amendements déposés et des articles.

Une situation politiquement délicate car, en l'espèce, les amendements du PS - auteur de la plupart des quelque 300 amendements déposés- seraient alors mis aux voix sans que ses membres ne puissent les défendre. Les socialistes ne manqueraient pas de dénoncer, à l'extérieur de l'hémicycle et dans les médias, ce «déni de démocratie».

Le vote solennel du texte est prévu le 15 juillet.