Pour se refaire une santé, le PS se met au vert

POLITIQUE Un mois après l'échec des européennes, Le parti socialiste se rend à Marcoussis, à la recherche d'un esprit de groupe...

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Martine Aubry et Ségolène Royal, fin mai 2009.
Martine Aubry et Ségolène Royal, fin mai 2009. — REUTERS

L'idée? Chercher à en finir avec les «habitudes», et souder le «pack», pour lancer son projet pour 2012, puisque le séminaire se tient là où s'entraîne le XV de France de rugby.

Au programme de ce «brain-storming»: «séminaire sur notre projet pour la présidentielle de 2012 et organisation du travail du parti», dit la convocation. L'objectif est de se préparer «mentalement, moralement, idéologiquement à se lancer dans un travail collectif qui n'a rien à voir avec nos habitudes», résume à l'AFP le député Christian Paul,  en charge du Laboratoire des idées.

«Réinventer une sorte de démocratie»

«Nos habitudes, c'était de l'expertise managée par des politiques, avec 15 dirigeants politiques et 35 experts. Là, on organise un dialogue entre la société française, le Parti socialiste, des intellectuels dans des conditions sans précédent dans sa forme et sa méthode», poursuit-il.

L'objectif: «réinventer une sorte de démocratie où PS et partis ont leur place mais où ils n'ont pas le monopole de l'écriture d'un projet de société», explique Christian Paul, pour qui ce «travail de fond», est appelé à se poursuivre par des conventions, des Etats généraux de la culture, un Tour de France.

Débat par mail

Pour ce séminaire, Martine Aubry a appelé les militants à débattre par mail. Le séminaire en rendra compte. Le ton général, selon Christian Paul, est à une «interpellation "Donnez-nous de bonnes armes contre le blues"».

«Tout ne va pas se décider et tout ne sera pas organisé pour les mois qui viennent à Marcoussis», nuance cependant l'ancien président du MJS Razzy Hammadi, secrétaire national. Il s'agit d'impulser «un esprit d'équipe qui dit "les chiens aboient, la caravane passe" et vise à marginaliser les voix discordantes qui se font jour sur des égo-trips», autrement dit des visées personnelles. Le calendrier des primaires, sujet de vifs débats et pour lequel Arnaud Montebourg, chargé de la rénovation du parti, a quasiment mis son poste dans la balance , devrait faire partie des discussions.

Réunissant le Bureau national (direction) et le secrétariat national (gouvernement) de son parti, Martine Aubry animera ce séminaire. Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Laurent Fabius ont été invités. Le maire de Paris a adressé une lettre à ses partisans enjoignant les socialistes à se «mettre en ordre de bataille» et «dépasser enfin une culture et des réflexes mêlant depuis trop longtemps individualisme et facilité intellectuelle».

Les organisateurs ont misé sur le collectif: départ en car du siège du parti, rue de Solférino, buffet puis travaux de 14h à 19h. Le huis-clos sera de rigueur, mais Martine Aubry rendra compte à la presse en fin de journée.