Le Front de gauche entre élargissement et écartèlement

POLITIQUE Rassembler la gauche n'est pas mince affaire, le Parti de gauche et le Parti communiste en font la délicate expérience...

Julien Ménielle

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La gauche de la gauche en profite aussi pour se rapprocher. Fait rare, le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, le Parti communiste et le parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ont signé une déclaration commune de soutien à la mobilisation de jeudi.
La gauche de la gauche en profite aussi pour se rapprocher. Fait rare, le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, le Parti communiste et le parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon ont signé une déclaration commune de soutien à la mobilisation de jeudi. — Eric Cabanis AFP/Archives

«Poursuivre et élargir le Front de gauche», tel était le vœu formulé début juin par Marie-George Buffet, après le bon score obtenu aux élections européennes par l’alliance du PCF, du Parti de gauche et de la Gauche unitaire… Elargir, d’accord, mais à qui? Un véritable numéro d'équilibriste, tant le grand écart entre le NPA d’Oliver Besancenot d’un côté, le PS de l’autre, semble périlleux. Ce vendredi soir, la secrétaire nationale du Parti communiste retrouve ses camarades Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche, PG) et Christian Picquet (Gauche unitaire) pour un forum-débat. En coulisses, les tractations ont déjà commencé pour les régionales de 2010.

Entre le Parti de gauche et le NPA, l’affaire semble rouler. Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot se sont rencontrés mardi et ont assuré que, quelles que soient leurs «divergences», leurs formations respectives «souhaitent œuvrer à la préparation d'une contre-offensive du monde du travail pour faire valoir ses exigences».

Mélenchon le cul entre deux chaises

«Nous préparons ensemble la rentrée sociale, mais aussi les régionales de 2010», a confirmé à 20minutes.fr Pierre-François Grond, membre du comité éxécutif du NPA. Les anticapitalistes sont prêts à présenter des listes «autonomes et indépendantes» aux régionales avec le PG, mais aussi avec Lutte ouvrière et les Alternatifs. Mais ils n'en démordent pas: «avec le PS, c'est impossible». Voilà qui douche les espoirs de Benoît Hamon, qui appelait à l'unité quelques jours plus tôt dans «Libération», estimant qu'il était temps de poser «la question de listes communes».

Voilà qui met aussi Jean-Luc Mélenchon dans une position délicate par rapport à ses alliés du PCF, qui ont une longue tradition d'alliance avec le PS, notamment pour les régionales. «La balle est dans le camp du PCF», lâche Pierre-François Grond. Le NPA ne ferme pas la porte aux communistes, à condition qu'ils acceptent de ne discuter avec le PS qu'au cas par cas, au second tour des régionales, mais pas avant.

«Le PCF n'a pas dit non, il se prononcera en octobre», assure à 20minutes.fr Eric Coquerel, secrétaire national du PG, chargé des relations extérieures et unitaires. Un proche de Marie-George Buffet confie pourtant au «Monde», ce vendredi, ne pas comprendre «la précipitation de Mélenchon» à discuter avec le NPA dès maintenant, perçue comme «une marque de manque de confiance».

«Un Front de gauche durable»

«Le PG, comme le PCF, veulent construire un Front de gauche durable, avec pour ambition d'être majoritaire à gauche dans les années à venir», annonce Eric Coquerel. Pourtant, Pierre-François Grond (NPA) l'affirme: «il n'est pas question que le NPA entre dans le Front de gauche».

Le Front de gauche n’est donc pas mort, et une nouvelle alliance se profile. François Delapierre, délégué général du PG, veut rassurer son monde: «Personne ne pense que le PS va rejoindre le Front de gauche». Olivier Besancenot et Marie-George Buffet auront l'occasion de discuter alliances dès lundi, au cours d'une réunion entre leurs partis respectifs.