Conseil national de la refondation : Entre « e-consultation » et référendums, l’essentiel des annonces d’Emmanuel Macron

RECAP' Le président a donné ce jeudi le coup d’envoi du Conseil national de la refondation, destiné à « rebâtir du consensus » pour réformer la France

M.P. avec AFP
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Emmanuel Macron, photographié le 5 septembre 2022 à Paris.
Emmanuel Macron, photographié le 5 septembre 2022 à Paris. — Jacques Witt/SIPA
  • « Engager un dialogue constructif », « résoudre les difficultés quotidiennes des Français », « remettre de la confiance » dans le débat public… Emmanuel Macron a lancé ce jeudi matin le Conseil national de la refondation (CNR).
  • Dès 9h30, dans le décor du Centre national du rugby à Marcoussis (Essonne), le président a décliné les objectifs de cette nouvelle méthode de gouvernance, annoncée avant les législatives en juin et voulue comme un outil de « renouveau démocratique ».
  • En présence d’une quarantaine de représentants des élus, du patronat, de syndicats et d’associations, ainsi que d’une dizaine de ministres, Emmanuel Macron a évoqué consultation en ligne, fin de vie et référendums… tout en laissant la porte ouverte à ceux qui avaient choisi de boycotter ce CNR destiné à « rebâtir du consensus » pour réformer la France.

Emmanuel Macron a donné, ce jeudi matin à Marcoussis (Essonne), le coup d’envoi du Conseil national de la refondation (CNR), voulu comme un outil de « renouveau démocratique », mais déjà contesté et même boycotté par les oppositions. Voici l’essentiel des annonces du président, déclinées lors d’un point presse qui précédait une réunion à huis clos… à la demande de participants.

Lancement d’une convention citoyenne sur la fin de vie

Emmanuel Macron a confirmé le lancement prochain d’une « convention citoyenne » sur la fin de vie, estimant « qu'il nous faut bouger pour plus d’humanité ». « La démarche sur laquelle je me suis engagé lors de la campagne présidentielle est de lancer une convention citoyenne en propre mais aussi de faire travailler les forces politiques » du parlement, a assuré le chef de l’Etat, rappelant que le comité d’éthique devait lui remettre un rapport « mardi prochain » 13 septembre.

« J’aurais l’occasion mardi prochain de dire la méthode et comment nous allons scander ces travaux pour permettre à la société de prendre en compte les évolutions indispensables sur cet immense sujet », a-t-il précisé.


Vers une « consultation en ligne »

Une « consultation nationale très large » en ligne et sur le terrain va être lancée « dès la semaine prochaine » pour remettre les Français « au sein des grands choix de la nation », a fait savoir Emmanuel Macron, estimant que cette grande consultation « viendra compléter » les déclinaisons territoriales du CNR. « Je souhaite qu’il y ait des débats sur le terrain qui puissent être en ligne, qui puissent être ouverts. Tout ça mérite de la transparence, de l’ouverture », a souligné Emmanuel Macron.

« Nous sommes dans une situation historique », avec les défis climatique, énergétique et la guerre en Ukraine, a martelé le chef de l’Etat. Dans ce contexte, il faut « s’armer de bonne volonté, de courage » et « agir sur le terrain » pour « changer les choses en profondeur », a-t-il ajouté. Un site dédié au CNR doit aussi être lancé dans la soirée, selon l’Elysée.

Laisser la « porte ouverte » aux sceptiques

Alors que cette nouvelle instance est boudée à son ouverture par les oppositions et plusieurs syndicats, Emmanuel Macron a jugé que les absents avaient « tort ». Mais le président a tout de même assuré que « la porte sera toujours ouverte » pour la suite des discussions. « Cinquante-deux personnes représentant forces politiques, syndicats et élus ont été invités, quarante sont là. Les 12 qui ne sont pas là ont tort (…) et il ne faut pas expliquer après qu’on n’a pas été consulté, ou que c’est trop vertical », a déclaré le chef de l’Etat.

Sur la tenue à huis clos des débats, que certains participants auraient demandé, le président a expliqué que « la clé (était) d’installer la confiance » et qu’il leur avait donc « laissé le choix » du huis clos ou pas.


De l’extrême droite à l’extrême gauche, les oppositions voient avant tout dans le CNR un moyen pour le président de contourner le Parlement, où son camp n’a plus de majorité absolue, pour reprendre la main dans le débat public. A noter que seuls trois syndicats ont répondu présents : la CFDT, la CFTC et l’Unsa.

Un CNR qui peut « déboucher sur des référendums »

Emmanuel Macron n’a pas exclu que des propositions issues des débats du CNR puissent « déboucher sur des référendums ». « Je n’exclus rien (…) si le processus que nous lançons aujourd’hui permet de découler sur cela, nous le ferons ». Après le CNR, il y aura une phase « d’accouchement collectif » pour « créer du consensus » et « dire sur quoi on est d’accord et pas d’accord ».

« Il y a en même temps une part d’action », a souligné le président, avant d’ajouter : « Dès les prochaines semaines, on va changer l’école, la santé, grâce à ses déclinaisons territoriales, en bâtissant ces feuilles (de route). Donc oui, ça, peut déboucher aussi sur des référendums ». Cinq grands thèmes ont été retenus dans les échanges à venir dans les prochains mois : le plein emploi, l’école, la santé, le « bien vieillir » et la transition écologique.

Après un propos introductif du président, les participants ont présenté leurs attentes et priorités. Dans l’après-midi, la Première ministre Élisabeth Borne présidera une réunion pour déterminer les chantiers et établir leur mise en oeuvre dans la durée.