Chantage à la sextape à Saint-Etienne : Le maire Gaël Perdriau dénonce des « accusations ignobles »

CONTRE-ATTAQUE Accusé de chantage à la sextape, le maire de Saint-Etienne est sorti de son silence. Par le biais de ses avocats, il a dénoncé ce mercredi des « accusations ignobles et infamantes »

C.G. avec AFP
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Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne, est accusé de chantage à la sextape par son ancien premier adjoint.
Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne, est accusé de chantage à la sextape par son ancien premier adjoint. — J.P Ksiazek/ AFP
  • Après les révélations de « Mediapart », le maire de Saint-Etienne est sorti de son silence.
  • Accusé d'avoir exercé des pressions sur son ancien premier adjoint par le biais d'une sextape, Gaël Perdriau conteste les faits.
  • Il entend lui-même porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

Le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau (LR), accusé de « chantage aggravé » par son ex-premier adjoint Gilles Artigues après des révélations de Mediapart sur une manipulation présumée à la sextape, est sorti de son silence, mercredi. L’élu s’est exprimé par le biais d’un communiqué transmis par ses avocats et dans lequel il dénonce des « accusations ignobles et infamantes » « depuis plusieurs jours ».

« Il souhaite pouvoir s’expliquer dans les plus brefs délais », indiquent ses conseils, Christophe Ingrain et Julie Pasternak, précisant qu’il « conteste l’ensemble de ces accusations ». Selon eux, Gaël Perdriau entend « porter à la connaissance des enquêteurs la totalité des informations dont il dispose ». « Elles mettront un terme à la campagne médiatique aussi violente qu’infondée qu’il subit actuellement », affirment-ils encore.

Plainte pour diffamation

La plainte pour « chantage aggravé, guet-apens en bande organisée, détournement de fonds publics et non-dénonciation de faits délictueux » a été déposée par Gilles Artigues lundi devant le parquet de Saint-Etienne, qui s’est dessaisi au profit de celui de Lyon. Celui-ci a ouvert mardi une enquête préliminaire, confiée à la PJ. Selon une source policière, Gilles Artigues était auditionné depuis mercredi, 9 h, dans les locaux lyonnais de la direction zonale de la PJ.

« Dans un deuxième temps, une plainte pour dénonciation calomnieuse sera déposée par Gaël Perdriau concernant les fausses déclarations de Gilles Artigues », révèle Christophe Ingrain.

Mediapart a publié vendredi une enquête affirmant qu’un adjoint au maire, Samy Kéfi-Jérôme, avait organisé un rendez-vous filmé avec un escort gay pour piéger et museler Gilles Artigues. Publiant des images compromettantes tirées de la vidéo, le média s’est appuyé sur les révélations de Gilles Rossary-Lenglet, l’ancien compagnon de Samy Kéfi-Jérôme. Il affirme avoir coorganisé fin 2014 cette rencontre entre Gilles Artigues et l’escort dans une chambre d’hôtel parisienne.

Des dissidences en interne

Selon lui, cette vidéo aurait ensuite permis à l’équipe municipale de Gaël Perdriau de faire pression sur le père de famille et de le dissuader d’une éventuelle dissidence. Auparavant, sa candidature au second tour des municipales de 2008 avait divisé la droite et contribué à l’élection de Maurice Vincent (PS).

Gilles Rossary-Lenglet a aussi déclaré à Mediapart avoir reçu ces dernières années de la mairie une offre d’emploi, qui ne s’est pas concrétisée, et 50.000 euros pour services rendus, via des rémunérations par des associations culturelles.

De son côté, Samy Kéfi-Jérôme, conseiller régional, a été suspendu samedi de ses fonctions de délégué à la stratégie digitale de la région Auvergne Rhône-Alpes par son président, Laurent Wauquiez.