Laurent Fabius réprouve la burqa mais veille à ne pas mettre en cause la religion musulmane

SOCIETE Le sujet est délicat, selon lui...

Avec agence

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Laurent Fabius à Paris, le 28 février 2009
Laurent Fabius à Paris, le 28 février 2009 — REUTERS/Regis Duvignau

Faut-il interdire la burqa? La question n’a pas fini d’être débattue. Ce dimanche, le socialiste Laurent Fabius s’est emparé du sujet en mettant en garde contre la «mise en cause de la religion» musulmane à travers le débat sur le port du voile intégral, burqa ou niqab, qu'il réprouve toutefois au nom de «l'égalité des sexes».

«Ma réprobation (du port du voile intégral, ndlr) est absolue: d'abord parce que c'est une soumission de la femme», mais il ne faut «pas non plus se saisir de ce problème pour faire l'amalgame, ce qui serait absurde, vis-à-vis de telle ou telle religion, en l'occurence la religion musulmane», a déclaré l'ancien Premier ministre PS lors du "Forum" Radio J. Il a jugé «bon» de faire le point de la situation, par le biais d'une mission d'information parlementaire, comme le préconise le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, ou d'une commission d'enquête parlementaire comme demandée par des députés de tous bords.

Décisions antérieures

Il a rappelé plusieurs décisions prises pour «interdire la burqa dans certaines circonstances», citant une du Conseil d'Etat de 2008 selon laquelle «on pouvait refuser la nationalité française à une Marocaine qui se prévalait du port de la burqa, car au-delà de la pratique religieuse, c'est un comportement contraire aux valeurs essentielles de la République, l'égalité des sexes».

Il a cité également une décision de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) interdisant le voile intégral durant des cours d'alphabétisation.

«Il faut mesurer l'extension du phénomène et regarder tout une série de circonstances où à l'évidence l'interdiction de la burqa s'applique», a-t-il repris, donnant comme exemples le milieu du travail lorsqu'il y a relations avec le public, et les lieux «où l'identité de la personne doit pouvoir être contrôlée».