Gouvernement : L'OFCE met en doute les prévisions de plein emploi et de 3% de déficit en 2027

TRAVAIL L'institut vise plutôt un chômage de 7,5 % en 2027 et un déficit de 3.7% en 2027

20 Minutes avec AFP
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Création d'emplois
Création d'emplois — Canva

Comme l’ombre d’un doute. Une semaine après l’engagement présidentiel de réformer le travail « dès cet été », l’OFCE a mis en doute jeudi dans une étude l’objectif de plein emploi d’ici 2027 et les prévisions de déficit du gouvernement.

L’Observatoire français des conjonctures économiques anticipe ainsi une hausse du taux de chômage à 8 % en 2023 et 2024, avant une légère décrue en fin de quinquennat pour atteindre 7,5 % en 2027 (soit 0,2 point au-dessus de son niveau actuel).

Une réforme de Pôle emploi « complexe »

L’étude de l’OFCE, qui tente d’esquisser le cadrage budgétaire et macroéconomique des cinq prochaines années, avance donc des chiffres plus pessimistes que ceux du gouvernement, désireux de ramener le taux de chômage autour de 5 %, le niveau généralement retenu en France pour définir le plein emploi. « La productivité et la durée du travail ne sont pas revenues à leur niveau d’avant-crise », constate Eric Heyer, directeur du département Analyse et prévision de l’OFCE.

Or « forcément, à un moment, il y aura un rattrapage de la productivité » et un « arbitrage » à faire entre cette variable et l’emploi, avertit son adjoint Mathieu Plane. Parmi les principales réformes annoncées sur le front de l’emploi, le remplacement de Pôle emploi par France Travail, via la fusion de plusieurs opérateurs existants, est « complexe à mener », soulignent les auteurs.

Une telle réforme « institutionnelle » n’est pas « directement créatrice d’emplois », observe encore l’OFCE, qui ne se prononce pas en revanche sur l’impact de la future réforme de l’assurance chômage sur l’emploi. « Au total, 750.000 emplois ont été créés en France entre fin 2019 et fin 2021, dont près de 400.000 emplois d’apprentis », constatent les auteurs.

Un déficit à 3.7 % en 2027 ?

Mais ce succès a été facilité par de coûteuses aides de l’Etat aux entreprises pour les convaincre d’embaucher des apprentis. Compte tenu des contraintes budgétaires liées au niveau élevé de la dette et du déficit public, « la contribution de l’apprentissage au plein emploi devrait logiquement atteindre un plafond et probablement devenir négative », anticipe l’OFCE. En matière de finances publiques justement, les conjoncturistes s’attendent à ce que le déficit atteigne 5,5 % fin 2022, contre 5 % espérés par l’exécutif.

En 2027, il s’établirait à 3,7 % (0,7 point au-dessus de l’objectif gouvernemental, « sous l’effet principalement de la diminution du soutien budgétaire à l’économie », offert par le gouvernement pour amortir le choc de la pandémie et de la crise de l’énergie.