Manuel Valls, spécialiste du contre-courant

POLITIQUE Le député-maire d'Evry, candidat aux primaires socialistes, s'est fait une spécialité: prendre ses camarades à contre-pied...

20minutes.fr

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Manuel Valls, fin novembre 2008 à Paris.
Manuel Valls, fin novembre 2008 à Paris. — GONZALO FUENTES / REUTERS

Dimanche, il a annoncé sa candidature à de potentielles primaires au sein du parti socialiste pour 2012. Une fois de plus, Manuel Valls n'a pas manqué de susciter la surprise de ses camarades socialistes. Presque une habitude pour l'élu de l'Essonne, habitué à se trouver en désaccord avec la ligne de son parti, ce qui lui assure une présence médiatique supérieure à son poids politique du PS. Après la polémique sur le passage télé où il dit vouloir voir plus de «blancs» à Evry (propos qu'il a précisé lundi matin), revue de détail des derniers débats qui l'ont opposés à ses camarades socialistes.

Juin 2009 - La loi sur les bandes.
Dans une tribune adressée au Figaro, Manuel Valls appelle ses camarades à s'«élancer hardiment hors des tranchées et des sentiers battus» à propos de la proposition de loi sur l'appartenance à une bande. Il prévient les socialistes «Cette question est donc suffisamment sérieuse pour justifier d'être débattue, sans a priori, lors de la prochaine discussion de la proposition de loi déposée par Christian Estrosi», montrant ainsi qu'il n'exclut pas forcément de voter pour.

Mai 2008 - La réforme institutionnelle. «Oui, je crois que nous pouvons voter ce texte», dit-il dans les jours qui précèdent le vote de la réforme des institutions.


Mais il échoue à convaincre ses collègues socialistes que le texte donne «réellement plus de pouvoir au Parlement». Par discipline de parti, il vote finalement contre. Le lendemain, il dénonce toutefois, avec Gaëtan Gorce, Christophe Caresche et Jean-Marie Le Guen «l'anti-Sarkozysme pavlovien» de son parti.

A partir de 2008 - L'abandon du mot socialiste.
Dans Sud-Ouest dimanche, Manuel Valls redemande l'abandon du mot «socialisme» qu'il estime «sans doute dépassé» une semaine après la débâcle de son parti aux européennes. Selon lui, «le mot socialisme est sans doute dépassé; il renvoie à des conceptions du XIX° siècle». Une proposition qu'il porte depuis la sortie de son livre «Pour en finir avec le vieux socialisme...et être enfin de gauche !» (2008):



2008 - L'allongement de la durée de cotisation pour la retraite.
Dans «Pour en finir avec le vieux socialisme...», il s'oppose à la position du PS sur les retraites: «il faut allonger la durée de cotisation à 41, voire 42 années». Concernant les régimes spéciaux, il avait également milité pour une «harmonisation» des régimes.

2005 - La révision de la loi de 1905 sur la laïcité. Dans «La Laïcité en face» (2005), il demande une révision de la loi de 1905. «Je souhaite une évolution de la loi de séparation de 1905 pour qu'un peu d'argent public aille à la construction de mosquées», précise-t-il ensuite dans une interview au Nouvel Observateur en 2006.