Uber Files : Yannick Jadot défend « l'urgence absolue » d'une loi de séparation des lobbys et de l'Etat

UBERGATE Le député européen écologiste et ex-candidat à la présidentielle Yannick Jadot souhaite toutefois faire la différence entre les lobbies qui défendent un intérêt privé et l’intérêt général

20 Minutes avec AFP
— 
Yannick Jadot lors de sa défaite le soir du second tour.
Yannick Jadot lors de sa défaite le soir du second tour. — ISA HARSIN/SIPA

C’est une « urgence absolue », juge Yannick Jadot. L’ex-candidat écologiste à la présidentielle souhaite mettre en place une « grande loi de séparation des lobbys et de l’Etat », après les révélations d'échanges privilégiés entre Uber et Emmanuel Macron quand il était à Bercy, explique-t-il dans Libération.

Ces révélations « me choquent mais elles ne me surprennent pas. On sait combien le quinquennat précédent a été gangrené par les lobbies. Emmanuel Macron a gouverné avec et pour eux », dénonce Yannick Jadot, qui avait proposé une telle loi pendant la campagne électorale présidentielle.

« Couper les complaisances »

« Les écologistes sont très partants pour porter la grande loi de séparation des lobbys et de l’Etat à l’Assemblée. Je m’en réjouis, on va voir si on peut construire une coalition autour de l’intérêt général dans l’hémicycle », dit-il. Pour lui, « à un moment, il faut couper les complaisances, les connivences et les conflits d’intérêts qui sont trop nombreux entre l’Etat et la sphère privée. […] Avec Emmanuel Macron particulièrement, l’Etat s’est mis au service d’intérêts privés », assène le député européen.

S’il juge « tout à fait normal » que des élus rencontrent des lobbies, pour « comprendre les différents intérêts en jeu », il souligne que « le problème ici, c’est un ministre et des députés qui interviennent en toute opacité au profit d’une entreprise qui veut valider des pratiques illégales ». Il plaide pour « un encadrement beaucoup plus fort de l’activité des lobbies », et considère que « Uber devrait être exclu de tous les registres de lobbys. En France comme au niveau européen. […] Les lois écrites par les lobbys, c’est fini ».

Distinguer intérêt privé et général

Yannick Jadot estime qu’une commission d'enquête à l’Assemblée nationale, comme prônée par le député insoumis Alexis Corbière « serait utile. Mettre tous les éléments sur la table, comme cela a été fait au Sénat pour l'affaire McKinsey, c’est une bonne chose ».

Le député européen dit faire « une distinction entre les lobbys qui défendent les intérêts privés et ceux qui défendent l’intérêt général ou une partie de l’intérêt général », à l’instar de Greenpeace, dont il a été directeur.

Dans le cadre des « Uber Files », une enquête reposant sur des milliers de documents internes à Uber, le journal Le Monde s’est notamment intéressé aux liens entre la société américaine et Emmanuel Macron à l’époque où il était ministre de l’Economie (2014-2016).