Accusations de violences sexuelles : Deux mois après, Taha Bouhafs réclame justice dans une « lettre ouverte à la France insoumise »

COME-BACK Investi par LFI dans le Rhône pour les législatives, Taha Bouhafs avait retiré sa candidature à Vénissieux le 10 mai dernier et assure aujourd’hui « ignorer ce dont on l’accuse »

Marion Pignot
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Le journaliste Taha Bouhafs, accusé d'agressions sexuelles.
Le journaliste Taha Bouhafs, accusé d'agressions sexuelles. — ISA HARSIN/SIPA

Il sort (enfin) de son silence. Le journaliste Taha Bouhafs, accusé d’agressions sexuelles, avait renoncé à se présenter aux élections législatives sous l’étiquette Nupes le 10 mai dernier. Le journaliste-militant, ex-candidat dans la 14e circonscription du Rhône, qui n’a pas dit un mot sur cette affaire depuis, a pris la parole ce mardi sur Twitter. Il estime qu’il est temps pour lui « de donner les explications (…) Et demander les réponses » que l’on lui doit.

« On », c’est surtout son parti, LFI, sur qui il tire à boulets rouges. Un parti qui, dit-il, l’a lâché et qui ne lui a donné aucune nouvelle depuis la mi-mai. Taha Bouhafs réclame alors « une procédure juste et équitable sans laquelle » il pourrait « savoir ce que l’on lui reproche exactement ».

Revenir « une dernière fois » au nom « de cette justice »

Dans sa « lettre ouverte à la France insoumise », l’ancien candidat aux législatives explique revenir « une dernière fois » auprès de ceux qu’ils appellent ses « camarades » au nom « de cette justice ». « Je ne m’accroche à aucun poste, je n’en ai plus aucun. Mais je ne veux pas que l’affaire soit étouffée, oubliée. Je vous demande simplement une procédure juste et équitable où le fondamental principe du contradictoire sera respecté », conclut Taha Bouhafs.

Un Taha Bouhafs qui n'oublie pas au passage de révéler ses échanges avec Clémentine Autain, la veille de son retrait de la course aux législatives. Taha Bouhafs explique s’être senti « abasourdi, dans l’incompréhension la plus totale ». La suite est à lire dans ce tweet :


Sous ce dernier, le jeune militant présente également ses excuses « à celles et ceux parmi[s] es soutiens qui ont été troublés par ce silence dont ils ne connaissaient pas la raison ». Et de conclure : « Je n’ai plus aucun rôle aujourd’hui, je demande simplement de pouvoir me défendre. »

Une enquête interne chez LFI

Pour rappel, la France insoumise, comme la plupart des cadres de la Nupes, n’ont pas hésité un instant après la révélation des accusations de violences sexuelles à l’encontre de Taha Bouhafs. Avant les révélations, il était encore largement soutenu après sa décision de retirer sa candidature de la campagne des législatives, expliquant avoir « encaissé une tempête d’attaques sans précédent », avec « tous les jours une nouvelle calomnie » contre lui. 

Jean-Luc Mélenchon, suivi par de nombreux insoumis, avait aussitôt dénoncé « une meute [qui] s’est acharnée » contre le candidat. Puis, le 10 mai, le parti avait annoncé lancer une enquête interne sur son ancien candidat. Et les mêmes cadres de la Nupes ont soutenu alors sans ambiguïté les victimes supposées.