Nouveau gouvernement : La parité « réelle » loin d’être atteinte, pointe le Haut Conseil à l’Egalité

TROMPE-L'OEIL Le Haut Conseil dénonce la faible proportion de femmes à des postes « régaliens »

20 Minutes avec AFP
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Les nouveaux ministres après le remaniement du gouvernement Borne lundi.
Les nouveaux ministres après le remaniement du gouvernement Borne lundi. — WITT/SIPA

A la faveur du remaniement, la nouvelle équipe de l’exécutif affiche une parité en trompe-l’œil. Le gouvernement d’Elisabeth Borne, nommé lundi, ne respecte pas la parité « réelle », selon le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE), une instance consultative indépendante.

« La parité réelle n’est pas encore atteinte aux postes clefs de la décision publique », note le HCE dans un communiqué publié mardi, bien qu’il se félicite de la nomination d’Elisabeth Borne en tant que Première ministre. « Si l’on compte une parité stricte (21 femmes et 21 hommes) », « derrière la parité purement quantitative se joue aussi la parité de responsabilité », explique le Haut Conseil, qui dénonce la faible proportion de femmes à des postes « régaliens ».

« Biais de genre » et « stéréotypes »

Par ailleurs, le HCE observe que la répartition des postes obéit « à des biais de genre et à des stéréotypes de sexe : 4 hommes sont à la tête des 5 ministères régaliens, 7 femmes à la tête des 9 ministères sociaux (santé, culture, famille, enfance…) ». De la même façon, l’élection de Yaël Braun-Pivet à la présidence de l’Assemblée nationale ne doit pas masquer « un recul de la place des femmes » pour la première fois depuis 1988, « qui occupent désormais à peine plus d’un tiers (37,3 %) des sièges ».

Seules deux des huit commissions permanentes sont présidées par des femmes : la commission des Affaires culturelles et de l’éducation et celle des Affaires sociales, des « portefeuilles genrés », pour le HCE. Le Haut Conseil pointe aussi du doigt les cabinets politiques, « zones blanches de la parité », encore « à très forte majorité masculine » avec environ 20 % de femmes, selon le rapport Sexisme 2022 du HCE, qui doit rendre à l’automne un rapport sur la parité et l’égalité dans la sphère politique nationale.