Remaniement : Elisabeth Borne ne sollicitera pas mercredi la confiance des parlementaires

PRECAUTION Le nouveau porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a reconnu que l’exécutif n’est pas « certain que les conditions de cette confiance auraient été réunies »

20 Minutes avec AFP
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Elisabeth Borne, à l?Assemblée nationale le 2 novembre 2021 (illustration).
Elisabeth Borne, à l?Assemblée nationale le 2 novembre 2021 (illustration). — Jacques Witt

Elisabeth Borne a décidé de s’appliquer à elle-même le principe de précaution. La Première ministre « ne sollicitera pas la confiance des parlementaires » mercredi lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée et au Sénat, a annoncé lundi le nouveau porte-parole du gouvernement, Olivier Véran.

« Nous ne sommes pas certains que les conditions de cette confiance auraient été réunies (…) Nous travaillerons texte par texte » pour construire des majorités, a-t-il précisé à l’issue du premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement. « La confiance ne se décrète pas a priori, elle se construit patiemment texte après texte », a lancé Olivier Véran, qui a estimé que la main était « tendue avec bienveillance » aux parlementaires des oppositions.

Trouver des majorités au cas par cas

Sans majorité absolue, le gouvernement d’Elisabeth Borne se voit donc contraint de chercher des majorités au cas par cas, selon les textes. Si les propositions « correspondent au projet politique qui est le nôtre (…), nous les accompagnerons », a poursuivi le porte-parole.

Du côté de la France insoumise, la décision ne passe pas. « On ne maltraite pas la démocratie impunément », a ainsi tweeté la cheffe de file du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, qui entend faire « venir de force » la Première ministre devant le Parlement. Le parti a d’ailleurs dit vouloir déposer une motion de censure dès mercredi, ce qui nécessite un dixième des parlementaires. Elle doit ensuite être adoptée à la majorité absolue pour renverser effectivement le gouvernement.

« Ce n’est pas ma conception des choses que de vouloir censurer quelqu’un qui n’a pas commencé encore à parler », a rétorqué Olivier Véran, selon qui « personne n’a intérêt au blocage ». Il a par ailleurs rappelé que le choix de ne pas solliciter un vote de confiance à l’issue d’une déclaration de politique générale n’était « pas une première » dans l’histoire de la Ve République, en citant Michel Rocard, Edith Cresson et Pierre Bérégovoy qui, Premiers ministres sous François Mitterrand, n’y avaient pas non plus eu recours.