Sophie Tissier a déposé une pré-plainte et envisage une plainte après avoir dénoncé le comportement « offensant, harcelant » d'Eric Coquerel

ACCUSATIONS L’ancienne figure des gilets jaunes a effectué un signalement auprès de LFI et envisage maintenant une plainte après avoir dénoncé un comportement « harcelant » du député LFI

20 Minutes avec AFP
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Le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel, élu président de la  commission des Finances de l’Assemblée.
Le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel, élu président de la commission des Finances de l’Assemblée. — AFP

L’affaire Coquerel ne ferait-elle que commencer ? Sophie Tissier, une ancienne figure des « gilets jaunes », a annoncé dimanche avoir effectué un signalement au comité de suivi des violences sexuelles de LFI​. Elle a dévoilé sur BFM-TV avoir déposé une « pré-plainte » et envisage une plainte après avoir dénoncé publiquement un comportement « offensant, harcelant », envers elle du député LFI Eric Coquerel. Qui vient d’être élu cette semaine président de la commission des Finances de l’Assemblée.

Un comportement « outrancier, offensant, harcelant »

Après un tweet à la mi-journée, elle a décrit en début de soirée sur BFMTV « des gestes déplacés, des mains baladeuses », lors d’une soirée organisée par le parti en 2014, évoquant « un regard salace, gluant », et lors de la soirée dansante « une drague lourdingue », un comportement « outrancier, offensant, harcelant », de la part du député.


Selon Sophie Tissier, Eric Coquerel lui aurait adressé en outre des textos lui proposant de l’emmener à son hôtel. « C’était pas une agression physique dans le sens où y a pas eu de violence physique », a-t-elle jugé, « mais le harcèlement, c’était quand même traumatisant ».

« Je n’ai pas envie qu’il aille jusqu’à démissionner »

« Je n’ai pas envie qu’il aille jusqu’à démissionner », mais « qu’il reconnaisse les faits, qu’il entende ce que j’ai à dire et dise "oui c’est vrai, j’ai eu des comportements déplacés" », a-t-elle ajouté. Sophie Tissier a aussi dit en avoir parlé ouvertement dans le parti, notamment à l’eurodéputée LFI Leila Chaibi et l’attachée de presse Juliette Prados.

Eric Coquerel n’exclut pas de porter plainte pour diffamation

Interrogé auparavant sur BFMTV, Eric Coquerel avait de nouveau contesté tout comportement déplacé​ envers les femmes et amorcé une contre-offensive : « Je vais regarder le dossier, je vais voir. Je n’exclus pas de porter plainte pour diffamation », a-t-il dit, estimant à propos de son accusatrice qu'« il n’y aura pas de plainte » et que « cela va faire pschitt ».

Par ailleurs, « le mouvement envisage maintenant de porter plainte sur tous les gens qui se répandent en calomnies (…) sur les réseaux sociaux », a ajouté Eric Coquerel : « même une cause juste comme #MeToo peut être instrumentalisée ».

Il a enfin rejeté tout parallèle entre sa situation et celle du ministre Damien Abad qui fait l'objet d'une enquête judiciaire après une plainte pour tentative de viol – et dont Eric Coquerel estime qu’il devrait quitter le gouvernement.

Eric Coquerel a également défendu son innocence dans une tribune au Journal du Dimanche, assurant n’avoir « jamais exercé une violence ou une contrainte physique ou psychique pour obtenir un rapport, ce qui caractérise la porte d’entrée d’un comportement délictuel dans le domaine des violences sexistes et sexuelles ».

Mélenchon dénonce une « infâme opération de calomnies »

Le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon a apporté en fin de journée sur son blog son soutien à Eric Coquerel, dénonçant une « infâme opération de calomnies » et disant son « écœurement » face à « cette vile bassesse ».

Après les votes de députés LREM pour des candidats RN aux postes clés de l’Assemblée nationale, il a estimé que les accusations étaient « opportunément relayée(s) sans retenue, ni enquête, ni vérifications d’aucune sorte » et avaient « permis de "faire parler d’autre chose" », s’en prenant notamment à un journaliste de BFMTV.

Il a jugé « urgent de débarrasser » la lutte contre les violences sexistes et sexuelles « des personnes qui en ont fait un moyen d’instrumentalisation de leurs rancoeurs politiques contre LFI ».

« Une indignation à géométrie variable de la part de la gauche »

La cheffe de file des députés LREM, Aurore Bergé, a réagi à l’initiative de Sophie Tissier en estimant au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI que ce n’était « en aucun cas en interne des partis politiques que doivent se régler des affaires aussi importantes. C’est la justice qui doit être saisie s’il y a des plaintes. »

« Je pense qu’il y a une indignation à géométrie variable de la part de la gauche » sur la question des violences sexuelles, a raillé de son côté le président du Rassemblement national Jordan Bardella, interrogé par Europe 1, CNews et Les Echos.

Yaël Braun-Pivet, la nouvelle présidente LREM de l’Assemblée nationale, a, elle, jugé « triste » qu’Eric Coquerel « ait eu besoin » de se défendre publiquement des allégations le visant. « Il faut absolument raison garder, tous, collectivement. Il ne faut pas que la machine s’emballe autour de rumeurs. J’invite chaque victime à porter plainte », a-t-elle lancé sur France 3.