SOS racisme: Remis en liberté, Dominique Sopo va «s'expliquer très rapidement»

JUSTICE Il était interrogé dans le cadre de l'enquête sur des mouvements de fonds suspects au profit de Julien Dray et veut «laver l'association de tout soupçon»...

(Avec agence)

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 Dominique Sopo et cinq autres dirigeants de l'association SOS racisme ont été placés en garde à vue le 9 juin 2009.
 Dominique Sopo et cinq autres dirigeants de l'association SOS racisme ont été placés en garde à vue le 9 juin 2009. — SIPA

Il est libre. Le président de SOS Racisme Dominique Sopo et trois cadres de l'association, placés en garde à vue depuis mardi, dans le cadre de l'affaire Julien Dray, ont été remis en liberté dans la nuit de mercredi à jeudi, a déclaré un de leurs avocats, Patrick Klugman. La garde à vue aurait pris fin peu après 3h du matin sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux. Domonique Sopo souhaite «laver l'association de tout soupçon» et tiendra une conférence de presse vendredi à 11h au siège de SOS Racisme.

Une «mise en cause totalement injustifiée»

L'avocat a tenu à dénoncer la «mise en cause totalement injustifiée» de l'association. «Il y a eu des fantasmes, des contre-vérités dans les médias, orchestrés parfois par les autorités», a-t-il estimé. «Dominique Sopo était très détendu. Ses premiers mots étaient qu'il avait cours ce matin (jeudi) et des conseils de classe dans l'après-midi», a confié l'avocat.

La garde à vue dans les locaux de la Brigade financière de Dominique Sopo, d'une responsable des finances de l'association et de deux autres cadres, avait débuté mardi avant une perquisition dans les locaux parisiens de SOS Racisme dans le cadre de l'enquête sur des mouvements de fonds suspects au profit du député PS Julien Dray. Un autre membre de SOS Racisme placé en garde à vue mardi avait été remis en liberté auparavant et une sixième personne avait été entendue comme témoin mardi par la Brigade financière.

Deux collaborateurs de Julien Dray, qui ont été permanents de l'association, sont notamment épinglés dans un rapport de la cellule antiblanchiment de Bercy, Tracfin.

Des «fuites orchestrées»?

Tracfin les soupçonne d'avoir perçu de l'association Les Parrains de SOS Racisme et du mouvement lycéen la Fidl des chèques pour un montant de 127.377 euros qu'ils auraient ensuite reversés pour partie à Julien Dray. Me Jacky Benazerah, avocat de Dominique Sopo, a dénoncé mercredi des «fuites orchestrées», s'élevant contre le placement en garde à vue de son client, «un moyen de pression pour obtenir la vérité qui convient aux enquêteurs» et qui «salit SOS Racisme», selon lui.

Depuis l'ouverture de cette enquête, dirigée par le parquet de Paris, les avocats de Julien Dray et de ses proches dénoncent leur mise en cause sur la place publique alors qu'eux-mêmes sont dans l'incapacité de se défendre, n'ayant pas accès au dossier. «La tactique d'enquête employée vise avant tout à une déstabilisation politique et non à une recherche sereine de la vérité», a déclaré Me Léon-Lef Forster, avocat du député et vice-président du conseil régional d'Ile-de-France, annonçant le dépôt d'une nouvelle plainte contre X pour «violation du secret professionnel».

A ce jour, Julien Dray, principal protagoniste de l'affaire n'a toujours pas été entendu, mais a été convoqué, selon son avocat.