Législatives 2022 : Le PS lance une procédure d’exclusion des candidats dissidents contre la Nupes, 79 membres concernés

CARTON ROUGE « Le grand pardon n’est pas possible », estime la direction du parti, alors que ces dissidences ont parfois fait très mal aux candidatures de la gauche

X.R. avec AFP
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Le PS pourrait exclure 79 de ses membres dissidents lors des législatives.
Le PS pourrait exclure 79 de ses membres dissidents lors des législatives. — ISA HARSIN/SIPA

Leur petite aventure en solo risque de leur coûter cher. 79 membres du PS, candidats ou suppléants en dissidence face à des candidats investis par la Nupes lors des élections législatives, font l’objet d’une procédure d’exclusion du parti. La décision a été prise lors d’un bureau national du PS mardi soir, confirmée à l’AFP par la direction du parti et l’opposition interne.

La direction a demandé au bureau national de suspendre immédiatement ces 79 personnes, « avec saisine de la commission nationale des conflits, en vue de leur exclusion », a ainsi indiqué la numéro deux du parti, Corinne Narassiguin. Le bureau national a voté pour cette suspension par 31 voix pour et 17 contre, a précisé Patrick Menucci, membre du courant minoritaire opposé à la direction du parti, dénonçant une « purge ».

« Le grand pardon n’est pas possible »

Parmi les dissidents se trouvent l’ancien ministre des Transports Frédéric Cuvillier, qui était suppléant d’une candidate dissidente du Pas-de-Calais, le député de l’Ariège Laurent Panifous, élu face au député sortant et candidat de la Nupes-LFI Michel Larive, le patron du PS en Ardèche Laurent Ughetto, mais aussi tous les dissidents de la Sarthe soutenus par le maire du Mans Stéphane Le Foll, ou ceux de l’Hérault soutenus par la présidente de la région Occitanie Carole Delga et le maire de Montpellier Michael Delafosse.

Le secrétaire national, Olivier Faure, avait dit à plusieurs reprises que les socialistes ayant fait le choix de maintenir leur candidature contre l’accord de la Nupes s’excluaient « de fait » du parti. « Le grand pardon n’est pas possible », a fait valoir Corinne Narassiguin. « Il faut que le Parti socialiste reste crédible, et retrouve le sens de la règle et de la vie collective. Il faut qu’on ait des règles politiques claires en interne, mais aussi vis-à-vis de nos partenaires », a-t-elle dit. Par ailleurs, « on réfléchit à ce qu’on fait par rapport aux soutiens » qui, comme Carole Delga, ou l’ancien président François Hollande, se sont mobilisés pour les candidats dissidents, a ajouté Corinne Narassiguin.

Rencontre Faure-Delga à venir

« On est dans une démarche où on veut parler avec eux », « voir dans quel état d’esprit ils sont, pas déclencher une guerre interne », « ça n’a pas de sens d’envoyer un ancien président de la République devant la commission des conflits », précise-t-elle, même si en interne, « certains nous reprochent d’être trop magnanimes ». Olivier Faure devrait rencontrer Carole Delga prochainement. « Une commission d’enquête » devrait également être mise en place pour « regarder le cas des fédérations dont on nous a signalé qu’elles auraient financé des dissidents, c’est un cas de déloyauté au parti », la numéro deux du PS.

« Ils veulent montrer à Jean-Luc Mélenchon qu’ils sont capables de maîtriser leur opposition », a estimé Patrick Menucci, pour qui la question des dissidents est une question « politique », qui « aurait dû se régler lors du prochain congrès », prévu en fin d’année. Il a souligné que si son courant minoritaire l’emportait lors du Congrès, toutes les exclusions seraient annulées.