Droit à l’avortement dans la constitution : une « diversion politique » selon Marine Le Pen

IVG En marche « ne veut pas que le focus soit mis sur les préoccupations principales des Français », estime Marine Le Pen

20 Minutes avec agences
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La cheffe du Rassemblement national, Marine Le Pen, à l'Assemblée nationale le 28 juin 2022.
La cheffe du Rassemblement national, Marine Le Pen, à l'Assemblée nationale le 28 juin 2022. — Michel Euler/AP/SIPA

Inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution n’est qu’une « diversion politique » pour Marine Le Pen. La présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale a fustigé la proposition de la majorité ce mercredi, sur franceinfo, tout en précisant que le RN n’a « jamais remis en cause l’accès à l’IVG ».

En marche « ne veut pas que le focus soit mis sur les préoccupations principales des Français aujourd’hui et leurs difficultés, qui est le pouvoir d’achat, qui est la sécurité, qui est l'immigration hors contrôle », a dénoncé Marine Le Pen, estimant que « le droit à l’IVG n’est remis en cause par personne ».


« Nous n’avons jamais remis en cause l’accès à l’IVG »

La leader du RN a aussi été interrogée sur les prises de position de plusieurs députés du RN comparant l’avortement à un génocide. « Il y a un mouvement politique, ce mouvement politique détermine une ligne politique qui est votée par les adhérents, c’est moi qui la porte depuis 10 ans, a-t-elle expliqué. La ligne du mouvement est très claire : nous n’avons jamais remis en cause l’accès à l’IVG ».

« Chacun peut avoir son avis sur des sujets qui sont des sujets sensibles, des sujets de société, dont j’ai toujours dit d’ailleurs qu’ils devraient être réglés par référendum », a poursuivi Marine Le Pen. « Qu’il y ait des personnes qui ne se réjouissent pas de voir qu’il y a encore 200.000 avortements par an en France, ce n’est pas critiquable, personne ne peut se réjouir de cela », a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen laissera « une liberté de vote » aux élus RN

Une révision constitutionnelle sur le sujet ? « Pourquoi pas ? Mais si on ouvre une révision constitutionnelle, nous avons beaucoup de choses à y mettre, nous voudrons intégrer le droit des étrangers, nous voudrons y intégrer la suppression du droit du sol, nous voudrons y intégrer la modification des conditions d’accès à la nationalité française, nous voudrons intégrer la supériorité de la Constitution sur les textes internationaux », a répondu la députée du Pas-de-Calais.

Dans un entretien au journal Le Figaro publié mercredi, Marine Le Pen précise que s’il devait y avoir un vote au Parlement, elle laisserait aux élus RN « dans l’Hémicycle une liberté de vote. Même si je sais que la quasi-unanimité des députés votera sur la ligne du mouvement », ajoute-t-elle.

La Première ministre, Élisabeth Borne, s’est rendue mercredi au siège du planning familial, pour rappeler « l’importance de protéger le droit et l’accès à l’avortement en France », trois jours après l’annonce d’une proposition de loi pour l’inscrire dans la Constitution, en réaction à la décision de la Cour suprême des Etats-Unis de torpiller ce droit.