Qui est Yaël Braun-Pivet, la première femme présidente de l’Assemblée nationale ?

PORTRAIT La députée des Yvelines succède à Richard Ferrand et marque l’histoire de la politique française en féminisant la présidence de l’institution

M.d.F. avec AFP
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Yaël Braun-Pivet
Yaël Braun-Pivet — MOREL GILLES/SIPA

Elle ne sera finalement restée ministre des Outre-Mer qu’un mois. Ce mardi, après le vote de l’ensemble des députés, Yaël Braun-Pivet va devenir la présidente de l’Assemblée nationale. Réélue députée des Yvelines le 19 juin dernier, elle a profité d’une fenêtre d’opportunité pour se présenter mercredi dernier à une primaire interne pour la tête de la chambre basse du Parlement. En l’emportant sur un autre ex-président de commission LREM, Roland Lescure, elle succède à Richard Ferrand et devient la première femme en France à accéder à ce poste.

Avocate de profession et mère de famille nombreuse, Yaël Braun-Pivet, 51 ans arrive en politique en 2017. Cette année-là, après avoir battu dans les Yvelines le pilier de droite Jacques Myard, cette novice en politique avait été choisie par la majorité pour la commission des Lois, rompant la tradition de nommer une personne expérimentée.

Mère, avocate et bénévole

L’élue des Yvelines devient alors une figure incontournable du Palais-Bourbon. « J’ai tenu la barre face aux crises, du terrorisme à la pandémie », de nombreux textes de loi s’y rapportant étant du ressort de sa commission, assure-t-elle. Et de vanter sa « nouvelle méthode de travail, faite d’écoute » et de « coconstruction » y compris avec les oppositions dont elle a su de fait se faire apprécier, depuis cette date.

Ancienne pénaliste, Yaël Braun-Pivet avait mis sa « vocation » entre parenthèses pour suivre son mari, cadre chez l’Oréal, sept ans à Taïwan et au Japon, et élever leurs cinq enfants. De retour, elle s’investira aux Restos du coeur, où elle a vu « beaucoup de gens dans des situations très compliquées », créant des consultations gratuites d’avocats et un centre d’accueil dans les Yvelines.

Entachée par l’affaire Benalla

Son adhésion à En marche – après avoir « toujours voté PS » – est un « prolongement » : « dans l’action sans rester sur des postures », en phase avec la « vision » et le « pragmatisme » d’Emmanuel Macron. Ses premiers pas lui valent un procès « en amateurisme » des oppositions mais aussi d’élus de la majorité. Elle imprime ensuite sa marque avec des visites collectives de terrain, notamment dans une trentaine d’établissements pénitentiaires. La prison a été sa priorité. Une de ses propositions a été retenue dans le plan pénitentiaire : des centres ouverts tournés vers la réinsertion pour les fins de peine, comme en Europe du Nord.

A l’été 2018, c’est la douche froide : la commission d’enquête sur l’ex-collaborateur du président Alexandre Benalla, dont elle est corapporteure, explose après le retrait de l’opposition. Plusieurs députés accusent Yaël Braun-Pivet de « protéger » l’Elysée, l’insoumis Alexis Corbière la qualifiant de « Benalla de l’Assemblée nationale ». Cible de menaces antisémites et d’injures sexistes sur les réseaux sociaux, Yaël Braun-Pivet dira quelques mois après que sa « position était intenable dès le départ ».

« C’est pas mon truc d’être chiante et autoritaire »

Si ses qualités humaines – « chaleureuse », « pas tordue » – sont saluées, elle se voit parfois reprocher d’être trop « sympa ». « C’est pas mon truc d’être chiante et autoritaire », réplique Yaël Braun-Pivet. Cette descendante de « l’immigration slave, juive polonaise et juive allemande, avec des grands-parents entrés en France avec des visas touristes » dans les années 1930, préfère les débats internes aux bras de fer publics.

Opiniâtre, Yaël Braun-Pivet s’est fortement engagée l’année dernière en faveur de la proposition de loi d’Olivier Falorni autorisant l’euthanasie. Elle a aussi cherché à avancer dans la rénovation de la vie démocratique.