La députée Nupes Rachel Keke a-t-elle partagé des posts de soutien à Marine Le Pen ou Bachar Al-Assad ?

FAKE OFF Des captures d’écran de publications soutenant le Rassemblement national et attribuées à Rachel Keke sont devenues virales

Emilie Jehanno
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Rachel Keke est arrivée à l'Assemblée nationale le 21 juin 2022.
Rachel Keke est arrivée à l'Assemblée nationale le 21 juin 2022. — ISA HARSIN/SIPA
  • Sur les réseaux sociaux, des posts de soutien au RN ou à Bachar Al-Assad, partagés ou likés entre 2016 et 2019 et attribués au compte de « Raïssa Rachel Keke », sont très partagés.
  • Sur Facebook, ce compte n’est plus actif. Impossible de vérifier la véracité de toutes ces publications.
  • Dans un post sur son compte officiel, la nouvelle députée a confirmé le 22 juin, avoir partagé de telles publications « il y a quelques années », mais explique que ces posts « ne reflètent absolument pas qui [elle est] et ce [qu’elle défend] aujourd’hui. »

Edit du 23 juin 2022 à 10h10 : Nous avons ajouté les propos de Rachel Keke qui a confirmé, le 22 juin au soir dans un post sur son compte officiel Facebook, avoir partagé ces contenus entre 2016 et 2019.

Sur les réseaux sociaux, des partisans d’extrême droite ou d’Emmanuel Macron s’en donnent à cœur joie. Des captures d’écran de posts Facebook, présentés comme étant ceux de Rachel Keke, circulent dans les deux sphères depuis le 20 juin. Le site d’extrême droite fdesouche les a listés dans une publication mise à jour le 21 juin.

Entre 2016 et 2019, la nouvelle députée Nupes-LFI, élue dans le Val-de-Marne, aurait partagé ou liké des posts d’extrême droite ou de droite comme cette publication datant de juillet 2016 et soutenant la précédente campagne présidentielle de Marine Le Pen. Un contenu pro Bachar Al-Assad s’insurgeant contre « les prédateurs criminels que sont la France, les Etats-Unis et l’Angleterre », en avril 2018, fait aussi partie de la liste. Nathalie Loiseau, députée européenne Renaissance (ex-LREM) et qui s’était présentée sur une liste d'extrême-droite dans sa jeunesse, s’est fait l’écho de ce dernier, indiquant que « les bras lui en tombaient » dès le 20 juin.



Des publications dénonçant « la négrophobie des Maghrébins » à la suite d’une manifestation contre l’esclavage en Libye, ou soutenant qu’il n’y a « pas plus raciste qu’un Algérien » auraient été partagées par la femme de chambre syndicaliste, qui avait mené la lutte à l’hôtel Ibis des Batignolles. Dans un tweet viral, la plateforme collaborative pour les Maghrébins, Tajmâat, a épinglé le 20 juin « ses nombreux partages racistes contre les Algériens et les Marocains ».



FAKE OFF

Après plusieurs heures d’incertitude et alors que le compte Facebook "Raïssa Rachel Keke" n’était plus actif et son contenu invérifiable, la députée Nupes a réagi le 22 juin au soir. Elle reconnaît, sur son nouveau compte officiel Facebook créé pour les législatives, avoir partagé « il y a quelques années sur les réseaux sociaux des posts qui ne reflètent absolument pas qui je suis et ce que je défends aujourd’hui dans mon combat politique ».

Elle explique avoir « beaucoup appris de mon engagement syndical et de la lutte à l’Ibis Batignolles après 22 mois de mobilisation entre juillet 2019 et mai 2021. » « Les idées racistes, sexistes et LGBT-phobes doivent être combattues sans relâche », assure-t-elle, réaffirmant partager « pleinement les combats et les valeurs de ces organisations qui ont composé cette belle union de la gauche ».

« Des contenus de l’extrême droite légitimés sans vérification »

Stéphanie Lamy, autrice d’Agora toxica, une enquête sur la désinformation en politique, avait tenu à dénoncer dans la journée du 21 juin dans un thread le fait que les partisans d’Emmanuel Macron avaient « légitimé des contenus venus de l’extrême droite sans aucune vérification ».

Alors que Rachel Keke faisait ses premiers pas à l’Assemblée nationale le 21 juin, Sophie de Ravinel, journaliste politique au Figaro l’avait également interrogée sur ces posts. Rachel Keke n’avait pas souhaité y répondre : « Ne m’interrogez pas là-dessus, c’est ma journée historique. Je n’ai pas envie d’en parler maintenant. »

Pour les Insoumis, avait rapporté la journaliste sur le plateau de LCP, ce n’était pas un problème : « Nous, notre volonté, c’est de convertir aussi dans les idées, ont-ils défendu auprès de Sophie de Ravinel. Si elle incarne cette conversion, c’est très bien. » Egalement contactés par 20 Minutes, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, ou Adrien Quatennens, coordinateur du parti, n’ont pas réagi.