Assemblée nationale : Mathilde Panot réélue à l’unanimité à la tête des députés LFI

CHEFFE DE GROUPE La députée de la 10e circonscription du Val-de-Marne dirige le groupe Insoumis au Palais-Bourbon depuis le 12 octobre 2021

20 Minutes avec AFP
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Mathilde Panot suivie par des députés de la France insoumise, à l’Assemblée nationale le 13 juin 2022.
Mathilde Panot suivie par des députés de la France insoumise, à l’Assemblée nationale le 13 juin 2022. — JEANNE ACCORSINI / SIPA P/SIPA

Mathilde Panot garde son poste mais change de dimension. La députée de la 10e circonscription du Val-de-Marne a été réélue mardi à 33 ans patronne des députés LFI.

Les insoumis sont passés de 17 à quelque 75 dans la nouvelle Assemblée. Mathilde Panot a été confirmée à l’unanimité à leur tête lors de la première réunion du groupe, lancée par Jean-Luc Mélenchon. « Avec la Nupes, nous serons une opposition combative et déterminée », a aussitôt tweeté l’unique candidate, qui avait encore plaidé lundi pour un groupe unique à gauche pour dépasser en poids le groupe RN.

« L’héritière désignée » de Mélenchon

Avec cette réélection, « elle est l’héritière désignée », pointe un poids lourd de la majorité présidentielle. Le leader insoumis lui avait passé le relais à la tête du groupe dès octobre 2021, afin de mener sa campagne présidentielle. Jean-Luc Mélenchon a souvent vanté ses qualités de militante et d’organisatrice : « Rien ne lui fait peur ».

Mathilde Panot espérait entrer au gouvernement en cas de victoire des insoumis aux législatives. Elle va plutôt devoir gérer des ego et l’intégration des nouveaux venus chez LFI. Et en tant que cheffe de file du plus important groupe à gauche, devoir donner le ton sans prêter le flanc à la critique d’une hégémonie. « Bien capée », elle devra « faire du lien » étant donné que les insoumis ne sont « que des combattants avec des caractères volcaniques », lui conseille ainsi son collègue Alexis Corbière. Certains macronistes espèrent d’ailleurs des querelles de leadership chez LFI, entre elle, Raquel Garrido ou encore François Ruffin.

Le groupe LFI a durant cinq ans cherché à se poser en premier opposant à Emmanuel Macron, en multipliant prises de parole dans l’hémicycle et coups d’éclat, quitte à agacer. Mathilde Panot elle-même « est dans la critique systématique, à chaque fois qu’elle prend la parole et quel que soit le sujet », déplore la députée LREM Sophie Panonacle, qui l’a côtoyée en commission Développement durable. « Elle est souvent dans l’exagération, par contre elle est vraiment investie dans les dossiers », notamment sur l’eau ou le nucléaire, lui reconnaît l’ancienne ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.

Sciences po et le monde associatif

Les insoumis, eux, ne tarissent pas d’éloges : « une femme très créative qui travaille beaucoup » selon Sarah Legrain, avec « de la poigne et une gestion humaine » pour Danièle Obono. « On retient souvent sa personnalité tonitruante mais ce n’est pas de l’incantation : elle est expérimentée, bosse beaucoup, fournit quantité de propositions », salue quant à lui le communiste Stéphane Peu.

Diplômée de Sciences po, cette fille d’enseignants a été entraînée en politique par l’ancien bras droit de Jean-Luc Mélenchon, François Delapierre, alors qu’elle dirigeait l’association Voisins Malin, à Grigny dans l’Essonne, qui vise à développer une solidarité de quartier. Elle a coordonné en 2017 les groupes d’appui lors de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, et a initié notamment les caravanes pour l’égalité des droits, avant de se faire élire au Palais-Bourbon.