Législatives 2022 : « Ma hantise, c’est que le pays soit bloqué », dit la porte-parole du gouvernement

CASSE-TETE Il va être « compliqué » de gouverner la France

20 Minutes avec AFP
La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire et le ministre de l'Eduction Pap Ndiaye.
La porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire et le ministre de l'Eduction Pap Ndiaye. — Jacques Witt/SIPA

Les macronistes ont perdu la majorité absolue à l’Assemblée nationale. « Ma hantise, c’est que le pays soit bloqué », a réagi la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire ce lundi, au lendemain du second tour des législatives.

Interrogée sur France Inter pour savoir si la France était aujourd’hui gouvernable, elle a reconnu que cela va être « compliqué ». « A l’impossible nul n’est tenu », a-t-elle ajouté, en soulignant que « le retour d’expérience, la leçon, il va falloir qu’on l’analyse, il n’y a aucun sujet là-dessus ».

Des Français « saoulés de la séquence électorale »

Elle a expliqué les résultats du scrutin par le fait que les Français sont « lassés, fatigués, pour tout dire un peu saoulés de la séquence électorale », et en a déduit qu'« aujourd’hui une réforme institutionnelle devient absolument indispensable ».

Mais « on nous trouvera toujours pour essayer d’embarquer avec nous, de convaincre surtout, les modérés qui sont présents dans ce parlement, de nous suivre. Il va falloir de l’imagination, de l’audace, de l’ouverture, où il faudra » et à destination de « tous ceux qui veulent faire avancer le pays », a-t-elle ajouté.

« La Première ministre demeure une Première ministre »

Elisabeth Borne va-t-elle rester Première ministre ? « Elle a été réélue, douze membres de son gouvernement ont été réélus. Au moment où je vous parle la question ne s’est pas posée. On verra dans les prochaines heures, mais au moment où je vous parle, la Première ministre demeure une Première ministre qui, elle, a eu le courage de se présenter aux urnes », a souligné Olivia Grégoire.

Le nouveau gouvernement sera nommé « dans les prochains jours ». « Compte tenu de l’urgence à agir et de la détermination du président de la République et de la Première ministre, on parle ici en jours plutôt qu’en semaines », a-t-elle indiqué. Quant à savoir si Emmanuel Macron pourrait choisir de dissoudre l’Assemblée nationale, « au moment où je vous parle, non », a assuré Olivia Grégoire, tout en rappelant que « chaque chose peut bouger ».

« L’épreuve de vérité » pour la Nupes et le RN

Soulignant que le texte du gouvernement sur le pouvoir d’achat arrive « dans huit jours » à l’Assemblée nationale, elle a estimé que ce sera alors « l’épreuve de vérité » pour la Nupes et le RN. Concernant la percée historique du parti de Marine Le Pen qui a fait élire 89 députés, Olivia Grégoire a assuré que la majorité prenait sa « part de responsabilité », mais qu'« il va falloir que tout le monde se questionne sur la sienne », en particulier le leader de LFI et de la Nupes Jean-Luc Mélenchon.

« A aller dans les extrêmes, notamment dans ses expressions, il peut parfois être un escabeau, un porte pied pour que les radicaux extrêmes rentrent au parlement », a-t-elle accusé. Les candidats macronistes Ensemble ! ont remporté 245 sièges au second tour des législatives, devant la coalition de gauche Nupes et ses alliés (137 sièges) et le RN (89).