Damien Abad : Le ministre des Solidarités accusé d'une nouvelle tentative de viol par une élue centriste

POLITIQUE Mediapart publie le témoignage d'une troisième femme qui accuse l'ancien patron des députés LR de viol en 2010

J.L. avec AFP
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Damien Abad
Damien Abad — Michel Spingler/AP/SIPA

Un troisième témoignage à charge contre Damien Abad. Alors que deux femmes accusaient jusque-là le nouveau ministre des Solidarités du gouvernement Borne de viol en 2010 et 2012, dont une plainte classée sans suite en 2017, une troisième personne, présentée comme une élue centriste, accuse sur le site de Mediapart l’ancien patron des députés de LR d’avoir essayé de la violer lors d’une soirée en 2010.

« Je me suis débattue, je l'ai frappé dans le ventre »

Cette femme, qui explique avoir vu des similitudes avec son expérience dans le témoignage d’une autre victime présumée avant elle, décrit une soirée du premier semestre 2010 dans l’appartement de Damien Abad à laquelle elle se serait rendue à reculons, après plusieurs gestes « déplacés » de la part de l’homme politique lors de rencontres antérieures. Décrivant un homme « surexcité » et « dans un sentiment de toute-puissance », elle raconte qu’après avoir vu « quelque chose » au fond du verre qu’il venait de lui servir, elle dit être allée immédiatement « recracher » sa gorgée aux toilettes.

Toujours selon le récit de cette femme, M. Abad l’attendait derrière la porte à la sortie des toilettes et tout est allé « très vite » : l’eurodéputé l’aurait « poussée dans une pièce en face », puis aurait tenté de la contraindre à une fellation. « J’avais peur, j’étais sidérée. Je me suis débattue, je l’ai frappé dans le ventre », raconte-t-elle.

Des allégations « révoltantes » selon le ministre

« Laëtitia » dit avoir finalement pu « se défaire » de son agresseur présumé et sortir de la pièce grâce à l’irruption d’un convive. Les faits rapportés par cette femme sont « étayés par les témoignages de huit personnes, à qui elle s’est confiée ou qui ont pu être témoins de certains éléments de son récit », et que Mediapart affirme avoir contactées.

M. Abad, qui brigue un nouveau mandat de député dimanche dans l’Ain après être arrivé en tête au premier tour, a dénoncé auprès de l’AFP le « calendrier soigneusement choisi de ces publications » et la « partialité » de l’enquête de Mediapart, qui a selon lui une motivation « politique ». « Quant aux allégations rapportées, elles me révoltent et je les réfute catégoriquement », a ajouté M. Abad dans un message transmis à l’AFP.