Refus d’obtempérer à Paris : « Antiflic, je ne l’ai jamais été », se défend Jean-Luc Mélenchon après ses tweets sur « une police (qui) tue »

JUSTIF' « Si je suis Premier ministre, de la cave au grenier nous réformerons la police », a également assuré Jean-Luc Mélenchon ce matin sur France Inter

20 Minutes avec AFP
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Jean-Luc Mélenchon, le 4 juin 2022, à Villeurbanne.
Jean-Luc Mélenchon, le 4 juin 2022, à Villeurbanne. — OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

Il avait, dans deux tweets publiés samedi et dimanche après la mort de la passagère d’une voiture victime de tirs policiers lors d’un contrôle à Paris, dénoncé « une police (qui) tue ». Une police coupable d’appliquer « la peine de mort pour un refus d’obtempérer » et exerçant « un abus de pouvoir inacceptable ». « Le préfet approuve ? Le ministre félicite ? La honte c’est quand ? », avait-il ajouté, s’en prenant aussi au syndicat Alliance qui a pris la défense des fonctionnaires, qualifié de « groupe factieux ».

Jean-Luc Mélenchon a défendu mardi ses tweets polémiques, promettant s’il était Premier ministre de « changer la doctrine d’usage de la force de police ». Interrogé sur France Inter pour savoir s’il maintenait ses prises de position, il a répondu : « évidemment. C’est mon devoir de le faire. Croyez-vous que j’écris comme ça, par distraction ? »


« J’obtiens ce que je veux »

Jean-Luc Mélenchon a expliqué que son premier tweet n’ayant « rencontré aucun écho », il a « monté le ton », et ainsi « j’obtiens ce que je veux : des milliers de gens entendent dire qu’il y a au moins une personne dans ce pays, un responsable politique, qui n’accepte pas l’évolution de l’usage de la force de la police telle qu’elle est aujourd’hui définie par le pouvoir politique qui commande », a-t-il expliqué. « Je veux qu’on en parle », a-t-il encore insisté. « Nous en sommes à quatre morts en quatre mois pour des refus d’obtempérer », a-t-il dénoncé, demandant « de quoi accusait-on (la jeune fille morte samedi) au point de l’abattre ».

Jean-Luc Mélenchon a aussi rejeté les critiques qui ont fusé à droite et dans les rangs du gouvernement, émanant selon lui « de responsables politiques tous de droite ou d’extrême droite ». « Antiflic », « je ne l’ai jamais été », s’est-il défendu : « je suis contre un usage disproportionné de la violence ».

« Première ministre technocrate sans cœur »

De son côté, la Première ministre Elisabeth Borne ​a jugé « très choquant la façon qu’a Jean-Luc Mélenchon de s’en prendre systématiquement à la police avec des propos totalement outranciers ». « La justice est saisie et c’est la justice qui dira ce qu’il s’est passé. On ne peut avoir, comme Mélenchon, une présomption de culpabilité vis-à-vis de la police », a-t-elle estimé sur France Bleu.

« Pour elle, moi seul suis un problème. Borne, Première ministre technocrate sans cœur, sans compassion humaine, sans principe républicain sur la force publique », lui a répondu Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.

Mélenchon veut reformer la police « de la cave au grenier »

« Si vous votez pour moi, je changerai la doctrine d’usage de la force de police dans notre pays, et je dis que ce n’est pas normal qu’on tue quelqu’un parce qu’il y a refus d’obtempérer » dans un pays où « la peine de mort n’existe pas ».

En appelant aux « policiers républicains », il s’en est pris de nouveau au « comportement factieux » des membres d'« organisations politico-syndicales » policières qui « manifestent contre la justice », les prévenant qu'« ils seront mis à pied s’ils continuent » s’il était Premier ministre. « Si je suis Premier ministre, de la cave au grenier nous réformerons la police », a-t-il ajouté, plaidant pour « une police de gardiens de la paix, une police de proximité, beaucoup de police judiciaire qui court derrière les trafiquants d’armes, d’êtres humains et de drogue, et entre les deux des forces pour protéger le droit de manifester ».