Jean-Luc Mélenchon n’intégrerait pas d’homme accusé de violences sexuelles au gouvernement

LE CAS ABAD Le leader de LFI a souligné l’existence du Comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles, qui avait justement débranché Taha Bouhafs

X.R. avec AFP
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Jean-Luc Mélenchon n'intègrera pas de ministre soupçonné de violences sexuelles s'il devient Premier ministre.
Jean-Luc Mélenchon n'intègrera pas de ministre soupçonné de violences sexuelles s'il devient Premier ministre. — Arnaud Andrieu/SIPA

C’est l’histoire d’un arrosé qui pourrait devenir arroseur. Agitée début mai par les accusations de violences sexuelles contre Taha Bouhafs, la France Insoumise se trouve aujourd’hui dans la position d’une formation politique qui a agi, alors que le gouvernement fraîchement nommé doit déjà gérer l’affaire Damien Abad. Le nouveau ministre des Solidarités conteste vigoureusement les graves accusations de viols formulées à son encontre dans un article de Mediapart paru samedi, et sa position n’est pour l’heure pas menacée.

Interrogé sur l’affaire lors d’un déplacement à Metz, Jean-Luc Mélenchon a indiqué que « quelqu’un qui ferait l’objet » d’un signalement auprès du Comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de LFI « ne serait pas membre du gouvernement, ça me paraît assez évident ». Le leader de LFI n’a toutefois pas appelé le ministre à démissionner : « nous ne sommes ni juges, ni policiers, on ne va pas leur dire ce qu’ils doivent faire ».

« Nous avons fait un choix qui n’est pas facile : nous croyons les femmes »

« Si le gouvernement décide, pour des raisons qui lui appartiennent, que monsieur Abad doit rester membre du gouvernement, je suppose qu’il faudra qu’il explique pourquoi », a insisté le leader de La France Insoumise à l’issue d’un déplacement en Meurthe-et-Moselle où il est venu apporter son soutien à la candidate de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), Caroline Fiat, dans la 6e circonscription du département.

Rappelant l’existence du « mécanisme interne » à LFI, le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles, Jean-Luc Mélenchon a souligné que « Nous avons fait un choix qui n’est pas facile (…) : nous avons décidé que quoi qu’il en soit, nous croyons la parole des femmes ». Un « choix lié à ce que nous avons compris de notre époque, qui consiste à ce que la peur change de camp. »