Remaniement : Visé par des accusations de viol, le nouveau ministre Damien Abad les conteste avec « la plus grande force »

ENQUETE Selon Mediapart, le nouveau ministre qui conteste les faits a fait l’objet d’une plainte pour viol en 2017

H.S. avec AFP
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Remaniement : Visé par des accusations de viol, le nouveau ministre Damien Abad conteste — 20 Minutes

Moins de quarante-huit heures après, l’entrée au gouvernement du nouveau ministre des Solidarités Damien Abad est d’ores et déjà entachée. Dans une enquête publiée samedi 21 mai, Mediapart révèle l’existence d’une plainte pour viol déposée en 2017 visant l’ex-président du groupe Les Républicains (LR) et d’un signalement pour des faits similaires adressé quelques jours avant son entrée au gouvernement à LREM et à son ancien parti par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique.

Sollicité par Mediapart,  Damien Abad conteste formellement les faits qui lui sont reprochés et qui remontent à 2010 et 2011. « ​Si j’ai pu avoir des aventures, je tiens à affirmer qu’elles ont toujours été consenties », a-t-il indiqué au site d’investigation, rappelant par ailleurs que la plainte déposée en 2017 avait été classée sans suite par le parquet « au motif que l’infraction ne paraît pas suffisamment constituée ou caractérisée, l’enquête n’ayant pas permis de rassembler des preuves suffisantes ».

Des faits commis en 2010 et 2011

Les deux femmes qui accusent l’ancien porte-parole de François Fillon et qui se sont confiées à Mediapart ne se connaissent pas. La première, âgée de 41 ans, fait état d’un dîner avec l’élu en octobre 2010 à l’issue duquel elle se serait réveillée dans une chambre d’hôtel, en sous-vêtements, en compagnie de Damien Abad. La jeune femme explique n’avoir eu aucun souvenir du déroulé de cette soirée après avoir bu une seule coupe de champagne.

Ces faits, signalés par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique créé en février dernier, ont également été portés à la connaissance du procureur de la République. Christophe Castaner, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, a indiqué à Mediapart avoir lui aussi transmis ces éléments au procureur après avoir été sollicité par le site et « conseille à la victime de porter immédiatement plainte ». Contacté par 20 Minutes, le parquet de Paris confirme avoir été destinataire le 20 mai de ce signalement émanant de l’Observatoire, qui « est en cours d’analyse ».


Une seconde jeune femme, militante centriste âgée de 35 ans, explique avoir eu une relation sexuelle avec l’ancien eurodéputé en janvier 2011 après des mois d’échanges insistants. Elle indique avoir subi une pénétration anale non consentie malgré son refus « affirmé » et réitéré. Sa plainte, déposée en 2017, a justifié l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris. « Après une confrontation devant les policiers, la procédure a été classée sans suite, en décembre 2017, au motif d’une infraction insuffisamment caractérisée », écrit Mediapart.


« Je conteste avec la plus grande force »

Dans un communiqué diffusé ce dimanche et consulté par 20 Minutes, le nouveau ministre des solidarités « conteste avec la plus grande force ces accusations de violences sexuelles » et assure que « ces accusations relatent des actes ou des gestes qui me sont tout simplement impossibles à raison de mon handicap ».

Atteint d’une maladie congénitale, l’ancien eurodéputé explique être resté discret sur les limites qu’il lui impose dans ses « mouvements » et « gestes du quotidien ». « Je suis contraint aujourd’hui de préciser que, dans ma situation, l’acte sexuel ne peut survenir qu’avec l’assistance et la bienveillance de ma partenaire (…) sans le consentement et la participation pleine et entière de l’autre, rien n’est possible », se défend-il.

« Je n'étais pas au courant » assure Elisabeth Borne

La Première ministre Elisabeth Borne a déclaré dimanche avoir découvert samedi, à la lecture d’un article de Mediapart, les accusations de viols présumés datant de 2010 et 2011 visant Damien Abad, le ministre des Solidarités. « Moi j’ai découvert l’article de Mediapart hier, je n’ai pas plus d’éléments que le fait que l’affaire a été classée sans suite. Je peux vous assurer que s’il y a de nouveaux éléments, si la justice est à nouveau saisie, on tirera toutes les conséquences de cette décision », a déclaré la cheffe du gouvernement aux médias en marge d’un déplacement à Thury-Harcourt (Calvados) pour la campagne des législatives de juin.

Mme Borne a affirmé qu’il ne pouvait y avoir « aucune impunité » concernant les violences sexuelles. « Bien évidemment je n’étais pas au courant. Je vais être très claire : sur tous ces sujets de harcèlement, d’agression sexuelle, il ne peut y avoir aucune impunité et il faut continuer à agir pour que les femmes qui peuvent être victimes d’agression, de harcèlement, puissent libérer leur parole, qu’elles soient bien accueillies pour déposer plainte », a-t-elle dit.