Réforme des retraites : Elisabeth Borne s'engage à « ne pas mentir » aux Français

PROMESSES Même si la retraite à 65 ans « n’est pas un totem », la Première ministre explique dans le « JDD » que promettre aux Français « la retraite à 60 ans, c’est leur mentir »

20 Minutes avec AFP
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La Première ministre Elisabeth Borne, aux Mureaux le 19 mai 2022.
La Première ministre Elisabeth Borne, aux Mureaux le 19 mai 2022. — Gabrielle CEZARD/SIPA

Elisabeth Borne en est certaine : « les promesses façon "demain, on rase gratis", les Français n’y croient pas ». En défendant dimanche dans le JDD le projet de réforme des retraites, la Première ministre insiste donc sur son vœu de « ne pas mentir » aux Français.

« Ceux qui voudraient faire croire (que la réforme des retraites) n’est pas indispensable ne disent pas la vérité aux Français », affirme ainsi la cheffe du gouvernement. Emmanuel Macron a d’ailleurs proposé pendant la campagne présidentielle de « décaler l’âge légal » de départ à la retraite « de 4 mois par an » pour le porter « en 2031 à 65 ans », avec un dispositif de « carrières longues » et un autre de « pénibilité ».

« Ni hausse d’impôts, ni augmentation de la dette »

« L’enjeu, pour notre pays, est d’assurer la force de notre modèle social, de poursuivre le progrès social et d’investir, notamment dans la santé et l’éducation », plaide Elisabeth Borne : « Le président de la République a pris des engagements clairs : ni hausse d’impôts, ni augmentation de la dette. Or, nous vivons de plus en plus longtemps, le rapport entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités diminue… Si on veut préserver le système de retraite par répartition, auquel nos concitoyens sont attachés, il faudra progressivement travailler un peu plus longtemps ».

La retraite à 65 ans « n’est pas un totem », assure-t-elle, « mais il faut assurer le financement de notre modèle social. Et annoncer aux Français qu’ils vont travailler moins, brandir la retraite à 60 ans, c’est leur mentir. C’est ce qu’a fait le RN pendant des années. C’est aussi une mesure que l’on retrouve dans le programme de la Nupes et qui n’est pas crédible ». En présentant sa méthode, qu’elle met sous le signe de la « concertation », la Première ministre n’oublie donc pas de tacler les oppositions en pleine campagne pour les législatives.