Gouvernement Borne : Stanislas Guerini nommé ministre de la Transformation et de la Fonction publique

REMANIEMENT Le chef de file de Renaissance fait son entrée au gouvernement

20 Minutes avec AFP
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Stanislas Guerini promu.
Stanislas Guerini promu. — JP PARIENTE/SIPA

Fraîchement promu. Stanislas Guerini, nommé vendredi ministre de la Transformation et de la Fonction publique, est un proche d’Emmanuel Macron, marcheur de la première heure et jusqu’alors patron de La République en marche et député de Paris. Loué pour son « énergie positive » et sa « bienveillance », cet ancien strauss-kahnien qui vient de fêter ses 40 ans avait fait la quasi-unanimité pour prendre la tête du parti présidentiel en 2018, un poste réputé difficile.



Après des débuts prometteurs, auréolé d’un succès aux élections européennes de 2019, Stanislas Guerini a éprouvé l’ingratitude de la fonction au fur et à mesure du quinquennat, marqué par le lourd échec de LREM aux élections municipales de 2020 – par ailleurs marquées par l'« affaire » Benjamin Griveaux et la dissidence Cédric Villani à Paris. Le chemin de croix s’est poursuivi avec la démission de son numéro deux, Pierre Person, puis un nouvel échec aux départementales et régionales l’année suivante, prétexte à des contestations internes – voire des tentatives de renversement.

« Ce n’est pas un pugiliste »

Pourtant, même dans les tempêtes, Stanislas Guerini a pu compter sur de nombreux alliés. « Personne n’aurait voulu être à sa place, parce que personne ne pense que quelqu’un d’autre aurait fait mieux », résume un ministre. Il a « une attention aux êtres » loue l’un de ses anciens condisciples à HEC, alors qu’il est régulièrement qualifié de « gentil ». 

Sa défense, jugée maladroite y compris au sein de LREM, en début de semaine, de Jérôme Peyrat, désormais ex-candidat de la majorité présidentielle pour les législatives condamné pour violences conjugales, n’a finalement pas compromis son entrée au gouvernement. « Ce n’est pas un pugiliste, mais je connais sa fermeté, ses convictions, ses capacités oratoires et rhétoriques », considère l’ancien conseiller spécial de l’Elysée Ismaël Emelien, un ami de 15 ans, qui fut son témoin de mariage.

« Le plus doué d’entre nous pour faire de la politique »

Issu d’une famille « pas du tout politisée », ancien élève de la prestigieuse Ecole alsacienne et du lycée Henri-IV, Stanislas Guerini raconte qu’il adorait passer ses après-midi devant les questions au gouvernement, puisqu'il a lu « à peu près toutes les biographies qui passent sur Bertrand Delanoë » avant de tomber en 2004 « sur une note de Dominique Stauss-Kahn, "Pour l’égalité réelle", » qui éveille la flamme.

A HEC, il négocie une « dérogation » pour un stage dans le groupe de réflexion de DSK « A gauche en Europe », puis devient petite main lors de la primaire socialiste de 2006. Au QG de Strauss-Kahn, rue de la Planche à Paris, se forme une partie de l’équipe qui se lancera à l’automne 2015 dans l’aventure En Marche ! : Ismaël Emelien, l’ancien secrétaire d’Etat au numérique Cédric O, mais aussi Benjamin Griveaux. « On s’est toujours dit que Stan était le plus doué d’entre nous pour faire de la politique », témoigne un membre de la bande.

Pressenti depuis longtemps pour entrer au gouvernement

Après la déroute face à Ségolène Royal, Guerini « élabore des business plans tous plus absurdes les uns que les autres, sur des camions de bars à jus », puis, avec le père d'Ismaël Emelien, crée à Grenoble une entreprise spécialisée dans le photovoltaïque. « Le truc démarre très rapidement. Puis on s’est pris la douche froide du marché », jusqu’à frôler la faillite, se souvient-il. « Une sale période. Pendant deux ans, je me réveillais toutes les nuits. Il n’y a rien qui m’a plus stressé que cela », ajoute ce père de trois enfants. Pressenti depuis longtemps pour entrer au gouvernement, Stanislas Guerini s’est impliqué ces dernières semaines dans l’architecture d’Ensemble ! regroupant LREM et ses partenaires dans l’optique des législatives.

Mais, s’il est longtemps apparu comme le gardien du temple d’En marche ! et s’est montré réfractaire à toute dissolution, il a finalement acté la transformation du parti présidentiel au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron. Au moment où il quitte la direction du parti, La République en marche est appelée à disparaître pour se fondre dans une nouvelle formation dont les contours doivent encore être définis, Renaissance. Le substantif vaut également pour le désormais nouveau membre du gouvernement.