Législatives 2022 : Les jeunes « plus à gauche », mais aussi « plus abstentionnistes », observe la fondation Jean-Jaurès

JEUNESSE La gauche unie sous la bannière de la Nupes rassemble 59% des intentions de vote des 18-24 ans

X.R. avec AFP
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Dans les meetings de la France Insoumise, la moyenne d'âge est souvent basse.
Dans les meetings de la France Insoumise, la moyenne d'âge est souvent basse. — ISA HARSIN/SIPA

Les moins de 25 ans, atout majeur de la gauche pour porter Jean-Luc Mélenchon à Matignon ? C’est en tout cas l’analyse de la fondation Jean-Jaurès, qui qualifie l’électorat jeune « de première importance pour la gauche, tant il lui est structurellement favorable », dans une note publiée mercredi. Ainsi, l’étude note que les 18-24 ans ont voté à 36 % pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, soit 14 points de plus que l’ensemble de la population.

Mieux : la gauche, rassemblée derrière la bannière commune de la « Nouvelle Union populaire écologique et sociale » (Nupes), est pour l’heure mesurée « à 59 % des intentions de vote chez les 18-24 ans et à 44 % chez les 25-34 ans » par l’étude, « des chiffres bien supérieurs à ce que l’on constate pour les autres formations politiques ». « Ce que l’on observait pour la précédente présidentielle se retrouve également dans les intentions de vote pour le premier tour des législatives », analyse la note rédigée par Antoine Bristielle, directeur de l’Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean-Jaurès.

Gare à la démobilisation

« Plus les générations sont récentes, plus elles ont des valeurs "de gauche" », insiste l’étude. Mais si « les jeunes votent majoritairement à gauche », ils sont aussi « beaucoup plus abstentionnistes que les autres générations », relève la fondation. Ainsi, 41 % des 18-24 ans ne sont pas allés voter au premier tour de l’élection présidentielle, contre 28 % de la population générale.

Même si « le résultat des prochaines élections législatives ne sera pas uniquement dépendant du comportement des plus jeunes électeurs », la fondation Jean-Jaurès prévient que « le risque est également grand pour la Nupes que cet électorat se démobilise largement entre la présidentielle et les législatives, ce que l’on constate de manière habituelle ». « C’est, à n’en pas douter, pourquoi Jean-Luc Mélenchon tente depuis plusieurs semaines maintenant de politiser et de personnaliser cette élection. Car sans mobilisation massive de cet électorat, la Nupes a une très faible chance de l’emporter », conclut l’étude.