Première ministre : #BorneOut, « madame Thatcher »… A peine nommée, Elisabeth Borne déjà critiquée

AVIS D’Eric Zemmour à Fabien Roussel, en passant par Julien Bayou et Valérie Pécresse, les réactions politiques ont été nombreuses sur Twitter

X.R. avec AFP
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Elisabeth Borne est nommée Première ministre — 20 Minutes

Forcément, ça allait faire du bruit. Après trois semaines de suspense et alors que la gauche bat la campagne des législatives au cri de « Mélenchon Premier ministre », Emmanuel Macron a enfin nommé le nouveau locataire de Matignon. S’il envisageait aussi des profils moins connus du grand public, la course se faisait entre femmes, et le chef de l’Etat a finalement  jeté son dévolu sur Elisabeth Borne, sa ministre du Travail. Jamais passée par le suffrage universel, figure de l’ouverture du rail à la concurrence et de la réforme de l’assurance-chômage, sa nomination ne pouvait pas passer inaperçue.

« Privatisation et mise en concurrence de la SNCF et de la RATP, réforme de l’assurance chômage au détriment de plus d’1 million d’allocataires, fossoyeuse de Fessenheim : avec Elisabeth Borne, Macron a trouvé sa madame Thatcher », tacle d’entrée Fabien Roussel. Les candidats et soutiens de la Nupes ont largement dénoncé cette nomination, qui semble aux antipodes du programme politique qu’ils défendent.

La gauche prête à « licencier » la « madame Thatcher » d’Emmanuel Macron

« Elisabeth Borne, l’autre nom de la maltraitance sociale, signé Macron », lance le député LFI Adrien Quatennens, dénonçant « retraite à 65 ans et RSA conditionné ». « Pour l’empêcher, c’est simple : la licencier en votant pour les candidats de la nouvelle union populaire aux législatives ! », ajoute un Manuel Bompard bravache. Le patron du PS Olivier Faure rappelle qu’elle a été la ministre « de l’Ecologie condamnée pour inaction climatique », et fait référence à son bilan au ministère du Travail en lançant le  #BorneOut.



Seul « point positif », concédé par le socialiste et Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, la nomination d’une femme à Matignon… mais pour mieux critiquer son bilan du quinquennat. L’écologiste estime ainsi qu’elle a « échoué à mettre la France sur la trajectoire nécessaire pour respecter l’accord de Paris » et « perpétué une politique brutale à l’égard des personnes les plus vulnérables ».

La droite oscille entre félicitations et critiques

Si la gauche est unanime, ce n’est pas le cas de la droite. La candidate défaite à la présidentielle Valérie Pécresse a ainsi adressé ses « félicitations républicaines » à la Première ministre, lui souhaitant « le meilleur pour la France ». Encore plus enthousiaste, le maire de Nice Christian Estrosi salue « la grande connaissance des territoires » d’une ministre qui « a su se montrer très à l’écoute des élus locaux ». Renaud Muselier, président ex-LR de la région Paca, se félicite lui d’une « excellente nouvelle pour la France ». « Pendant 5 ans, sur les thématiques des transports, de l’environnement comme de l’emploi, j’ai pu mesurer sa compétence et son engagement pour la #France », applaudit-il.

A l’inverse, le parton de LR Christian Jacob grince. « Tout changer pour ne rien changer. Trois semaines de tergiversations et de petits arrangements, sans vision ni perspective. » La députée européenne Nadine Morano n’est pas plus tendre, voyant en Elisabeth Borne le « profil idéal » : « à gauche, aux ordres, et pas d’ombre au Président ». Le député LR Eric Ciotti a quant à lui des « pensées attristées pour ceux qui ont cru » en Emmanuel Macron et « pensaient qu’il allait faire une politique de droite ». « Retour à la case départ, il a commencé à gauche et terminera à gauche », cingle le député, décrivant Élisabeth Borne comme une « technocrate socialiste ».

La même accusation se retrouve chez Eric Zemmour, qui déplore une année 2022 « année de la soumission à la gauche ». Accusant l’intégralité de ses adversaires politiques de « draguer » ou de se « soumettre » à la gauche, « seul Reconquête ! résiste et assume d’être le grand mouvement populaire de droite », affirme-t-il.