Matignon : La « très simple, très classique » lettre de démission de Jean Castex est prête

REMANIEMENT Le Premier ministre assure qu’il s’apprête à passer la main « sans remords, ni regrets »

20 Minutes avec AFP
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Le Premier ministre Jean Castex, à l’Elysée le 11 mai 2022.
Le Premier ministre Jean Castex, à l’Elysée le 11 mai 2022. — Francois Mori/AP/SIPA

Un courrier, « très simple, très classique », va lancer une importante semaine politique en France. Sa lettre de démission prête, le Premier ministre Jean Castex est en effet sur le point de quitter Matignon, laissant le champ libre aux spéculations qui parient sur une femme pour le remplacer en vue des législatives de juin.

« C’est une nouvelle ère qui s’ouvre », a commenté dimanche auprès du Parisien Jean Castex. Celui qui s’est autoproclamé « Premier ministre de l’intendance » a affirmé partir « sans remords, ni regret », après 20 mois à Matignon.

Les Français pour une femme Première ministre

Les yeux se tournent désormais vers le chef de l’Etat Emmanuel Macron, qui reçoit ce lundi à déjeuner le président du Conseil européen Charles Michel. Il avait assuré il y a une semaine à Berlin qu’il savait déjà le nom de son prochain Premier ministre, doté selon lui d’un profil « social », « écologique » et « productif ».

Depuis, les rumeurs vont bon train. Seule certitude, croit savoir son entourage : ce sera une femme. D’autant que 74 % des Français sont pour, selon un sondage Ifop publié dans le JDD.

Les conseils de Bayrou

Pour le chef du Modem François Bayrou, allié d’Emmanuel Macron, il faut une personne, homme ou femme, qui ait « du leadership, de l’expérience. Et il faut une empathie assez grande avec le président de la République » car « quand le président de la République déteste le 1er ministre les choses ne peuvent que tourner mal », a-t-il souligné dimanche au Grand Jury, citant le cas de François Mitterrand et de son Premier ministre Michel Rocard (1988-1991).

Après ceux de la ministre du Travail Elisabeth Borne et de l’ex-ministre de la Santé Marisol Touraine, le nom qui revient avec insistance est celui de Catherine Vautrin, ancienne ministre de la Cohésion sociale de Jacques Chirac, qui avait apporté son soutien à Emmanuel Macron avant le 1er tour de la présidentielle. Problème : cette ancienne députée LR, qui avait milité contre le mariage homosexuel en 2012 et 2013, hérisse à gauche.

Une « bébé Borloo » à Matignon ?

Pointe aussi le nom de la vice-présidente du Sénat Valérie Létard, estampillée « bébé Borloo » pour avoir débuté en politique à Valenciennes au côté du centriste Jean-Louis Borloo, avant d’être secrétaire d’Etat chargée des technologies vertes dans son ministère de l’Ecologie de 2009 à 2010, au sein du gouvernement Fillon. Elle coche aussi la « case sociale » puisqu’elle a été secrétaire d’Etat à la Solidarité dans le même gouvernement Fillon de 2007 à 2009.

Le choix est d’autant plus attendu qu’il viendra confirmer ou non l’orientation qu’entend se donner le chef de l’Etat, qui a promis de tenir compte de la colère exprimée par de nombreux Français pendant la crise des « gilets jaunes » et lors de l’élection présidentielle, et de changer de méthode.