Législatives 2022 : François Hollande appelle à rebâtir une « grande force socialiste » au lendemain des élections

CRI DU COEUR « Le problème du Parti socialiste, c’est qu’il a décidé depuis 2017 de s’effacer et de ce point de vue-là, il a réussi au-delà de tout entendement », a estimé l’ancien président

20 Minutes avec AFP
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L'ancien président français François Hollande le 7 mai 2022.
L'ancien président français François Hollande le 7 mai 2022. — Gonzalo Fuentes/AP/SIPA

Le Parti socialiste est « usé, fatigué et surtout divisé ». C’est la conclusion de l’ancien président François Hollande qui a appelé ce lundi à rebâtir une « grande force socialiste » au lendemain des législatives.

Le PS a rallié la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). « Le problème du Parti socialiste, c’est qu’il a décidé depuis 2017 de s’effacer et de ce point de vue-là, il a réussi au-delà de tout entendement », a raillé sur France Inter l’ancien chef de l’Etat.



Opposé à l’alliance avec LFI

François Hollande n’a « pas pris de décision » concernant une candidature aux législatives. « J’ai jusqu’au 20 mai », a-t-il dit, « soucieux de ne pas ajouter de la confusion à la confusion ». Mais il a regretté que son ancienne circonscription en Corrèze ait été réservée à un candidat de La France insoumise dans le cadre du récent accord entre LFI et le PS.

Après l’accord créant la Nupes, le PS est-il mort ? « L’idée socialiste, elle est là, le parti tel qu’il est, il est quand même maintenant usé, fatigué et il est surtout divisé », a-t-il répondu, en répétant son opposition à une alliance avec LFI qui « ne permettra pas la victoire ».

De nombreux socialistes « à l’extérieur »

L’ancien premier secrétaire du PS s’est dit favorable à l’union de la gauche, mais a estimé que « pour qu’elle soit victorieuse, il faut qu’elle soit soucieuse à la fois de vérité et de crédibilité ».

Selon lui, « le rôle d’une gauche réformiste, c’est de redonner une perspective sérieuse d’accéder au pouvoir » et « au lendemain des élections législatives, il faudra qu’il y ait un grand mouvement qui se constitue à partir de ceux qui le voudront, du Parti socialiste et à l’extérieur, parce que le plus grand nombre de socialistes, aujourd’hui ils sont à l’extérieur ».

Une force « dont on a absolument besoin »

Il faut « qu’on rebâtisse comme ça s’est fait au début des années 1970 avec François Mitterrand (…), comme Lionel Jospin l’a fait aussi, cette grande force socialiste dont on a absolument besoin, qui existe partout dans toutes les démocraties en Europe », a-t-il insisté.

« Ma vie est liée au socialisme, pas au Parti socialiste, je le serai jusqu’au terme de mon existence au moins politique », a ajouté l’ancien président qui n’a cependant pas l’intention de rendre sa carte du PS : « Ça serait quand même un comble que le parti me quitte. »