Procès Fillon : L'ex-Premier ministre condamné à un an de prison ferme en appel

« PENELOPEGATE » Le parquet avait réclamé à l’encontre de François Fillon, cinq ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique, ainsi que 375.000 euros d’amende

20 Minutes avec AFP
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François et Pénélope Fillon arrivent au tribunal à Paris, pour le premier jour de leur procès en appel, le 15 novembre
François et Pénélope Fillon arrivent au tribunal à Paris, pour le premier jour de leur procès en appel, le 15 novembre — THOMAS COEX / AFP

L’ancien Premier ministre François Fillon et son épouse se pourvoient en cassation. Il a été condamné ce lundi en appel à quatre ans de prison, dont un an ferme, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope Fillon.

Pénélope Fillon s’est vu infliger deux ans de prison avec sursis et 375.000 euros d’amende, son ancien suppléant Marc Joulaud, trois ans de prison avec sursis – il se pourvoit lui aussi en cassation. Des peines d’inéligibilité de deux ans et cinq ans ont, en outre, été prononcées à leur encontre.

Le couple Fillon absent lors de la décision

La cour d’appel de Paris s’est prononcée sur le sort de l’ancien Premier ministre et de son épouse, dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs qui avait explosé avant l’élection présidentielle de 2017, plombant la campagne pour l’Elysée du candidat de la droite, un temps favori mais finalement éliminé au premier tour.

François Fillon, 68 ans, et Penelope Fillon, 66 ans, qui contestent depuis l’origine tout emploi fictif, n’étaient pas présents lors de l’annonce de la décision. Le couple et l’ancien suppléant ont enfin été condamnés à verser environ 800.000 euros à l’Assemblée nationale, partie civile.

Retiré de la vie politique

En première instance, le 29 juin 2020, le locataire de Matignon de 2012 à 2017, désormais retiré de la vie politique, avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont deux ans ferme, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité, pour détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens sociaux.

Sa femme s’était vu infliger trois ans d’emprisonnement avec sursis, 375.000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité, et Marc Joulaud, trois ans avec sursis, 20.000 euros d’amende avec sursis et cinq ans d’inéligibilité.

Le couple avait immédiatement fait appel et est revenu à la barre en novembre, maintenant la même défense dans une atmosphère bien moins électrique qu’au premier procès. « Je n’ai pas été un député fictif préoccupé essentiellement par l’argent », s’est insurgé François Fillon dans une déclaration liminaire, déplorant « quarante ans d’engagement (politique) effacés par un article d’un journal satirique et une enquête à charge ». « Mon épouse a travaillé à mes côtés, c’est incontestable », a-t-il assuré.

A la barre, son épouse, Penelope Fillon, avait eu bien du mal à expliquer précisément ce qu’elle faisait lorsqu’elle travaillait pour lui ou pour son suppléant, Marc Joulaud, à compter de juin 2002. Un travail « discret », a-t-elle expliqué sans convaincre, qui consistait essentiellement à relire les discours de son mari à qui elle donnait son « appréciation », et à traiter le courrier envoyé par des « gens en situation de grande détresse ».