Législatives 2022 : Après l’accord historique avec EELV, les Insoumis veulent vite rallier le PS et le PCF

ALLIANCE Si les Insoumis espèrent conclure un accord avec le PS dans les prochaines heures, les socialistes estiment pour leur part qu’il s’agit « d’une discussion longue »

20 Minutes avec AFP
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Le premier secrétaire du PS Olivier Faure est arrivé ce lundi 2 mai au siège des Insoumis pour y négocier les termes d'un éventuel accord en vue des élections législatives.
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure est arrivé ce lundi 2 mai au siège des Insoumis pour y négocier les termes d'un éventuel accord en vue des élections législatives. — Alain JOCARD / AFP

Après avoir réussi à conclure dans la nuit un accord historique pour les législatives avec EELV, La France insoumise veut ce lundi aller plus loin en reprenant les négociations avec le PS et le PCF, avec l’objectif d’aller vite et se projeter vers les investitures de samedi.

Avec la création de la « Nouvelle union populaire écologique et sociale », les protagonistes des longues négociations entre EELV et LFI ont clamé en chœur leur satisfaction dans les matinales radio et télé lundi matin.

« C’est une discussion longue »

« C’est historique parce que ça enclenche le début d’une dynamique, qui a pour objectif de faire en sorte d’aborder les élections législatives avec une perspective majoritaire », a indiqué Manuel Bompard, le chef des négociateurs insoumis, sur France inter. « Il ne s’agit pas d’un accord entre LFI et EELV, nous voulons construire une bannière commune avec l’ensemble des forces de gauche pour construire une majorité », a prévenu Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, espérant que le PS et le PCF entrent dans l’alliance dès lundi.

Car il reste encore à convaincre le PS de rallier cet accord de la gauche. Au siège parisien de LFI, les négociations ont repris avec les socialistes et, nouveautés du jour, le patron du PS est présent et EELV participera aux discussions, alors que les rencontres menées jusque-là par LFI étaient bilatérales. « On s’est donné la limite de ce soir, même s’il faut finir tard, c’est toujours la logique », a indiqué le député insoumis Eric Coquerel dans l’après-midi.

Le chef des négociateurs socialistes Pierre Jouvet a pour sa part tempéré : « On ne va pas régler tous les points en l’espace de quelques heures alors que depuis dix ans on ne se parlait plus ». « C’est une discussion longue où on n’a pas de calendrier préfixé » car il faut « construire quelque chose de solide » et non « d’improvisé », a souligné Olivier Faure, arrivé en milieu d’après-midi au siège des Insoumis.

Fronde interne au PS

Le premier secrétaire du PS doit composer avec la fronde interne d’un courant minoritaire et de plusieurs figures historiques du PS, de François Hollande à Jean-Christophe Cambadélis en passant par Stéphane Le Foll, qui l’accusent de « soumission » à LFI, mouvement antagoniste ces dernières années sur des sujets comme la laïcité ou l’Europe.

« Au PS, ils se séparent de gens qui ont été au cœur du problème de la gauche depuis une dizaine d’années et je suis content du Parti socialiste qu’on a en face de nous », a confié Eric Coquerel.

Quant aux communistes, ils devraient ne pas être accueillis avant 22 heures. « J’espère qu’aujourd’hui nous arriverons nous aussi à parvenir à conclure cet accord dans la journée, dans la soirée, dans la nuit s’il le faut, jusqu’au bout », a martelé leur patron Fabien Roussel sur franceinfo. L’accord à gauche permettra d'« enfin prendre notre revanche sur cette élection présidentielle ».

Régler des différends

Car cette « Union populaire » élargie a pour objectif déclaré d’envoyer Jean-Luc Mélenchon à Matignon, via l’obtention d’une majorité à l’Assemblée nationale.

D’où les âpres tractations pour régler des différends, comme sur la « désobéissance » à certaines règles européennes. Le texte de l’accord entre insoumis et écologistes entérine la possibilité de désobéir si l’UE empêche le programme de s’appliquer, mais seulement sur les cas budgétaires et économiques. Toute escalade vers une sortie de l’UE est proscrite, ainsi que l’ont demandé les Verts.

La convention d’investiture des membres de cette « Nouvelle union populaire écologique et sociale » aura lieu en région parisienne le 7 mai. L’objectif est de permettre à tous d’entrer vite en campagne, en premier lieu le chef de cette alliance, Jean-Luc Mélenchon.

Mais aucun accord ne devrait en revanche être conclu avec le Parti radical de gauche (PRG), qui a refusé de négocier avec les autres forces politiques de gauche et présentera ses propres candidats aux élections législatives, a annoncé lundi son président Guillaume Lacroix. « Nous ne pouvons pas mettre l’étiquette du PRG à côté de candidats contre l’universalisme européen », a dit à la presse le président du parti de centre-gauche.