Présidentielle 2022 : Le Maire provoque la polémique en refusant d’écarter un 49.3 sur les retraites

INDIGNATION « Je ne peux pas donner [la] garantie » que le 49.3 ne sera pas utilisé pour passer la réforme des retraites, a déclaré le ministre de l’Economie

20 Minutes avec AFP
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Les déclarations du ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur les retraites provoquent une polémique.
Les déclarations du ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur les retraites provoquent une polémique. — Gabrielle CEZARD/SIPA

La polémique n’a de cesse d’enfler. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a affirmé ne pas pouvoir exclure un éventuel recours au 49.3 pour la réforme des retraites. Depuis, l’opposition de LR jusqu’à LFI, s’indigne unanimement de cette déclaration.

« Je ne peux pas donner cette garantie, je ne le souhaite pas, ça c’est certain. J’ai toujours dit que cette réforme devait faire l’objet le plus possible de discussions et de dialogue avec l’espoir d’aboutir à un compromis », a affirmé le ministre sur France Info.


Mélenchon veut l’empêcher en devenant « Premier ministre »

Le chef de LFI Jean-Luc Mélenchon, ex-candidat à la présidentielle, a aussitôt réagi : « Macron à peine réélu, il veut déjà passer par le 49.3 la retraite à 65 ans. Un détail : seul le Premier ministre déclenche les 49.3 ».

« Pour l’empêcher donc, une solution : l’Union Populaire à Matignon ! », a lancé dans un tweet Jean-Luc Mélenchon, favorable à la retraite à 60 ans et qui, fort de ses 22 % des voix au premier tour, exhorte depuis les Français à l'« élire Premier ministre » aux législatives.

« Un 49.3 par les urnes »

« La majorité de Français qui ne veulent pas de la retraite à 65 ans peuvent eux recourir au 12/06 et 19/06 ! », en votant LFI pour les deux tours des législatives, a tweeté le numéro deux des Insoumis, Adrien Quatennens.

Le chef de file des communistes Fabien Roussel, lui aussi ex-candidat à la présidentielle, a de son côté tweeté : « Le 12 et 19 juin, mettons-lui un 49.3 par les urnes aux législatives ».

« Un dirigeant autoritaire »

Pour le député du Rassemblement national Bruno Bilde, ce projet symbolise « l’autoritarisme en marche ». L’eurodéputée RN Hélène Laporte a elle jugé que « face à la casse sociale programmée de notre pays, les prochaines élections législatives seront capitales ».

« Ne laissez pas les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron », qui est « un dirigeant autoritaire », a lancé lundi le président par intérim du RN Jordan Bardella en vue des législatives. Chez Les Républicains, le député Pierre-Henri Dumont a assuré que « les députés LR seront là pour voter la motion de censure qui va avec le 49.3 ». Son collègue Olivier Marleix a affirmé que « si Emmanuel Macron n’a pas de majorité aux législatives, il sera bien obligé de faire un minimum de concertation ».

« Mépris du Parlement »

Nicolas Dupont-Aignan, patron de Debout la France, a déploré que « dès la première minute du mandat, Emmanuel Macron montre son mépris du Parlement ». Emmanuel Macron veut « décaler l’âge légal » de départ à la retraite « de 4 mois par an » pour le porter « en 2031 à 65 ans », avec un dispositif de « carrières longues » et un autre de « pénibilité ».

Le recours à l’article 49, alinéa 3 de la Constitution, permet au Premier ministre d’engager sa responsabilité sur un texte de loi, et de le faire adopter sans vote du Parlement.

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