Présidentielle 2022 : « Seul le peuple devrait avoir la possibilité de réviser la Constitution », affirme Marine Le Pen

PROJET La candidate RN souhaite, si elle est élue, proposer une « révolution référendaire »

M.F avec AFP
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La dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen lors d'une conférence de presse mardi 12 avril 2022 à Vernon, à l'ouest de Paris.
La dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen lors d'une conférence de presse mardi 12 avril 2022 à Vernon, à l'ouest de Paris. — Francois Mori/AP/SIPA

« Seul le peuple devrait avoir la possibilité de réviser la Constitution » et non le parlement, a affirmé Marine Le Pen mardi. « C’est beaucoup plus sain que ce soit le peuple qui la vote que les deux chambres », a-t-elle ajouté. Cette dernière souhaite une révision de la Constitution pour notamment y faire entrer le principe de « priorité nationale » et la primauté du droit national sur le droit international.

« Le Conseil constitutionnel ne dispose d’aucune compétence pour contrôler un projet de loi qui révise la Constitution », a également asséné Marine Le Pen lors d’une conférence de presse à Vernon (Eure) sur les terres du ministre Sébastien Lecornu. Or, pour soumettre un tel projet de loi à référendum, Marine Le Pen devrait passer par l’article 89, après l’adoption du projet, dans des termes identiques, par les députés et les sénateurs, voire par l’article 11 réservé « à l’organisation des pouvoirs publics et la politique économique, sociale et environnementale », avec la probabilité d’une censure du Conseil constitutionnel.

« Donner la parole au peuple n’est pas dangereux »

Pour Marine Le Pen, « il faut arrêter de considérer le peuple français comme un ennemi ». Avec la volonté de « revivifier » les institutions et le fonctionnement démocratique du pays, elle propose une « révolution référendaire » et le « septennat non-renouvelable ». « La constitution sera révisée d’abord pour rendre plus facile l’organisation de référendums sur tous les sujets, ensuite et surtout pour instaurer le référendum d’initiative citoyenne aussi référendum d’initiative populaire », a-t-elle déclaré.

« Un référendum n’est pas dangereux, donner la parole au peuple n’est pas dangereux, ce qui est dangereux c’est de ne pas lui donner », a souligné la candidate visant explicitement le chef de l’Etat sortant Emmanuel Macron. « On ne va pas faire un référendum tous les dimanches », a-t-elle complété.

Projet d’instauration du scrutin proportionnel

Si la réponse est non « c’est un échec » et « on ne met pas en place » la mesure, a précisé la candidate d’extrême droite. Elle a également détaillé son projet d’instauration du scrutin proportionnel avec une prime majoritaire aux élections législatives.

« Même ceux qui n’apprécient pas toutes mes propositions ont intérêt à voter pour moi, puisqu’ils auront l’occasion, grâce à la réforme que je propose ici, de se prononcer sur elles, au cas par cas, grâce au RIP. Peut-on proposer mesure plus démocratique ? » a-t-elle également interrogé dans un clin d’œil aux électeurs de gauche susceptibles de voter pour elle lors du 2e tour.